Université Clermont Auvergne : des étudiants privés de master

A l’université Clermont Auvergne, comme partout en France, des étudiants ont postulé pour plusieurs masters. Leurs vœux ont été refusés. Au mieux, ils sont sur liste d’attente. Inquiets pour leur rentrée, ils dénoncent cette situation.
A l'université Clermont Auvergne, comme partout en France, plusieurs filières sont sous tension.
A l'université Clermont Auvergne, comme partout en France, plusieurs filières sont sous tension. © A.Albert/FTV

De nombreux étudiants, licence ou master 1 en poche parfois même avec une mention, ne parviennent pas à poursuivre leur cursus. Annelise Avelino est étudiante. En mai dernier, elle a validé son master 1 carrière judiciaire, avec mention, à l’université Clermont Auvergne. Depuis, elle n’est admise dans aucun des masters 2 auxquels elle a postulé. Elle explique : "J’ai été refusée pour un master et positionnée sur liste d’attente pour deux autres. J’ai donc candidaté pour le même master dans d’autres universités. Aujourd’hui, j’en suis à trois refus et trois positionnements sur des listes complémentaires".

Une situation qui l’inquiète beaucoup. Fin juillet, elle ne sait toujours pas ce qu’elle fera à la rentrée prochaine. "Je n’ai pas de recul. J’ai candidaté dans plusieurs universités. Certaines sont loin. Si je dois déménager, chercher un appartement et m’installer, il faut que je sache. Et puis, plus concrètement, si je suis prise : est-ce que le master conviendra par la suite à la profession que je souhaite exercer ?". Elle en vient même à regarder d’autres formations en alternance, dans d’autres domaines, bien loin de ce qu’elle avait envisagé.

La situation d'Annelise n'est pas isolée. Des milliers d'étudiants traversent les mêmes incertitudes. Elle souligne : "Nous sommes très nombreux. Nous voulons tous une place. Du coup, ça joue des coudes. Certains ont essuyé jusqu’à 40 refus parce qu’ils ont postulé partout en France".

Des filières universitaires sous tension

Depuis le début du mois de juillet, les syndicats étudiants sont régulièrement contactés par les étudiants. Isaac Henocque, représentant au syndicat Unef indique : "Ils nous appellent car ils sont refusés en master. Ils ne comprennent pas car ils ont de bons résultats, certains ont même validé leur licence avec mention. Ils n’ont que des refus car il n’y a pas assez de place dans les filières pour accueillir tous les étudiants". 

Selon lui, les recours ne sont pas simples. "Ce qui est compliqué, c’est qu’à cette période-là de l’année, la seule solution de recours possible est via la plateforme du gouvernement "Trouver mon master". Elle permet dans un délai de 15 jours après le dernier refus de trouver une place quelque part en France  avec trois propositions faites. Or, parfois aucune proposition n’est satisfaisante". Puis il ajoute : "L’université ferme administrativement le vendredi 23 juillet. On sera bloqué, il n’y aura personne. On ne pourra communiquer que par mail".

A l'université Clermont Auvergne, comme partout en France, plusieurs filières sont sous tension : biologie, psychologie, droit, économie ou encore management. "Dans ces filières, les étudiants ont validé leur Master 1 et ne sont pas acceptés en Master 2. On ne peut pas redoubler quand on a validé son année et c’est très difficile de trouver un Master 2 dans une autre ville" précise Isaac Henocque. 

180 places supplémentaires créées à l'Université Clermont Auvergne

De son côté, le président de l’Université Auvergne, Mathias Bernard, indique : "A l’université, on est soumis à une double contrainte. D’une part, les étudiants titulaires d’une licence ont un droit à la poursuite d’étude dans le master qui correspond à leur formation. D’autre part, les universités sont autorisées à faire une sélection à l’entrée en Master, car ce sont des formations professionnalisantes. Les effectifs doivent donc correspondre à la réalité des débouchés qu’il y a en fin de cursus. Il y a une forme de contradiction entre le droit de poursuivre ses études et la sélection à l’entrée. Il faut arriver à mettre en adéquation la demande et l’offre".  Il précise également : "Pour ajuster l’offre et la demande, il faut parfois un peu de temps. Et puis, certaines situations doivent être réglées, au cas par cas, pour permettre à chaque étudiant de trouver une poursuite d’étude".

Il souligne que le nombre d’étudiants diplômés de licence a augmenté et que certaines filières s’avèrent très demandées : "Nous avons créé 180 places supplémentaires dans les filières en tension". Il se veut rassurant en indiquant qu’au global le nombre de places en Master correspond à la demande. "La procédure est en cours, des étudiants sont déjà inscrits. Certains sont encore dans l’attente. Des étudiants qui ont postulé dans plusieurs formations vont libérer des places. Nous aurons une vision claire au mois de septembre. Nous étudierons à ce moment-là, la situation des étudiants qui n’ont pas encore trouver de solution".

Les étudiants pointent du doigt le mode de fonctionnement des universités. Annelise Avelino conclut en disant : "L’Etat n’a pas assez investi dans les universités. On est nombreux. Il n’y pas assez de place. Ce n’est pas notre faute. Cela pose beaucoup de questions sur le système universitaire en France et sur les chances qu’on nous laisse…".

La ministre de l'enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a annoncé la mise en place de 4.400 places supplémentaires d'ici la rentrée. Selon le syndicat étudiant Unef, 20.000 places seraient nécessaires.

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