VIDEO. Randonnée : à la découverte des puys de Jumes et de Coquille au cœur du Puy-de-Dôme

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Les volcans du Puy-de-Dôme regorgent de beautés. Un peu à l’écart des sentiers battus, les puys de Jumes et de Coquille méritent qu’on les découvre. Suivez le guide !

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Moins connus que le puy de Pariou ou le puy de Dôme, les puys de Jumes et de Coquille méritent pourtant le détour. Pour les découvrir, il faut prendre le départ du hameau de Beauregard, à Saint-Ours-les-Roches. Une sculpture de Thierry Courtadon se dresse devant les randonneurs et donne le coup d’envoi de la marche. Didier Sauvestre, accompagnateur en moyenne montagne, connaît ces sentiers par cœur. Il explique : « Les puys de Jumes et de Coquille font partie de l'alignement de nos 80 volcans, de cette Chaîne des puys emblématique. On se concentre souvent sur la partie centrale, mais sur le secteur nord, il y a de très jolies choses à voir. Par rapport à la faille de Limagne, on est décalé de quelques kilomètres à l'ouest et par rapport au puy de Dôme, on est à une dizaine de kilomètres au nord dans l'alignement nord-sud de la Chaîne des puys, sur les volcans qui sont entre Volvic et le puy de Dôme ».

" Il y a eu des remontées de lave à travers le granite "

Le puy de Jumes, tire probablement son nom d’un puissant homme gallo-romain. Le puy de la Coquille tient sans doute son nom du dérivé « cuco » qui signifie « sommet » ou en référence à la forme de son cratère. Ce volcan est aussi appelé « puy de Toux ». Didier Sauvestre détaille la formation des lieux : « Si on reprend la formation géologique des volcans, il faut remonter à l'époque où il y avait un continent unique avec une grosse montagne qui s'appelait la chaîne hercynienne. Cette grosse montagne s'est érodée. C'est le vieux Massif central. Il y a eu des transformations à la formation des Alpes qui ont fracturé l'espace et qui ont créé cette faille de Limagne. Il y a eu des remontées de lave à travers le granite ».

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150 mètres de dénivelé

Le puy de Jumes est le point culminant du bassin des eaux de Volvic, appelé impluvium, avec 1161 mètres d’altitude. Coquille est à 1152 mètres. La balade débute par une superbe hêtraie. Elle peut se faire en famille : «  Il faut savoir quand même qu'il y a un dénivelé avec une montée, une proéminence. Ce sont deux petits volcans et on va devoir monter 150 mètres de dénivelé positif puis négatif. Mais si on sait ça, ça se fait très bien en famille ».




Des panoramas exceptionnels

 Le puy de Jumes offre des panoramas exceptionnels sur la Chaîne des Puys, sur la partie ouest du bassin versant de Volvic et sur le puy du Sancy, en arrière-plan, dont les sommets pointus contrastent avec les doux reliefs des puys. Depuis son sommet, on distingue les puys de Dôme, du Pariou, de Côme ou encore les puys des Gouttes et Chopine ainsi que le puy du Sancy. Le bord sud du cratère du puy de Jumes offre une vue presque complète du cratère peu profond du puy de la Coquille. Didier Sauvestre ne se lasse pas du spectacle offert par les lieux : « J’aime le calme de la forêt quand on circule dans une partie du chemin : on est à l'ombre, on est au frais l'été et on a une belle ambiance forestière sous les hêtres. Quand on débouche sur les panoramas, on a l’effet « wahou » : il y a le puy de Dôme et tous les volcans associés, c'est assez grandiose ».




Un cycle de 6 ans

Le cycle de l’eau prend tout son sens sur ces lieux. « Sur le territoire, on sait qu'on a Volvic, qui est connu de tous pour son eau et ici symboliquement, sur nos volcans, on dit qu'on est sur le haut de l'impluvium : une goutte d'eau qui va tomber dans le cratère de notre volcan va traverser, descendre les coulées de lave, et mettre 6 ans en gros pour arriver dans les nappes phréatiques, au niveau de la faille » souligne l’accompagnateur. Il s’agit d’un système de captage et de stockage des eaux pluviales. Ce périmètre fait l’objet de protections environnementales rigoureuses car la qualité des eaux en dépend. Le cratère du puy de la Coquille est partiellement occupé au sud par des taillis de noisetiers. Autrefois, la lande occupait les sommets. En l’absence d’entretien par les estives, les sommets ont été envahis par les noisetiers, les pins sylvestres, les bouleaux et les autres saules aboutissant à la fermeture des paysages. Ici comme partout en Chaîne des Puys, le maintien des estives est important pour conserver la lisibilité des paysages.

Préserver les lieux

Des travaux ont été nécessaires pour préserver les lieux. Fanny Plane, garde nature au Parc des volcans d’Auvergne, explique les travaux qui ont été réalisés : « Il y a deux sortes de travaux : d’abord il y a eu le cheminement qui a été refait sur certains secteurs avec des caissons : on a installé des planches de chaque côté et après on a créé des marches par-dessus, on a rempli en pouzzolane. Sur de nombreux secteurs du parc, il y a de l'érosion due au passage des randonneurs et des eaux de pluie. Il y a eu aussi l'ouverture des deux cratères des puys de manière légère. Des bûcherons ont coupé quelques arbres, quelques noisetiers et des genêts. L'idée était d'ouvrir un petit peu plus au paysage et surtout que les brebis qui pâturent aient un peu plus d'espace. Si demain on enlève les brebis et le travail de l'homme, la végétation va reprendre et la forêt, petit à petit, va aussi reprendre du terrain : les volcans seront toujours là, mais ils n'auront pas du tout la même apparence ». Elle aussi apprécie la contemplation de ces paysages : « Ce qui me plaît le plus sur ces puys c'est la différence de milieu, avec la montée dans la hêtraie, que je trouve très belle et ensuite, les tapis de prêles. Après, il y a aussi les landes de bruyères qui sont magnifiques ».




Une circulation réservée aux randonneurs

Elle insiste sur la préservation du site : « Sur Jumes et Coquille, les vététistes sont interdits, les motos aussi. Globalement, sur tous les sommets de la Chaîne des puys, les vélos et les motos sont interdits. Il y a une trop forte érosion. Le vélo a un fort impact sur des terrains trop fragiles ». Didier Sauvestre rappelle quelques précautions avant de commencer la randonnée : « Quand on est randonneur, idéalement on vérifie la météo avant de partir, on vérifie qu’on a les bonnes affaires dans son sac et les bons équipements aux pieds parce que ce sont des terrains qui peuvent être plus ou moins accidentés. Puis, on respecte les endroits où on circule, on respecte les cheminements, on ne sort pas des chemins. Si on trouve des moutons, on contourne les troupeaux. Mais dans la Chaîne des puys, la particularité est que chacun de ces volcans est une propriété privée ».



L’Office du tourisme Terra Volcana organise des sorties guidées au coucher du soleil, ainsi que des sorties gourmandes. L’occasion de découvrir sous un autre jour d'autres puys dans le département.