Jardinage : semis, compost, ce que vous pouvez faire dans votre potager en février

Les températures sont douces en France en ce mois de février, et il est temps de s’occuper du potager avant le printemps. Semis, compost, les préparatifs ne manquent pas.

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Les températures sont chaudes pour un mois de février, et la douceur revenue donne envie de jardiner. Par chance, les préparatifs ne manquent pas au potager, en prévision du printemps. Christian Rougeron, président de l’association Jardiniers Pays d’Auvergne, donne ses conseils. Tout d’abord, il recommande de mettre en place plusieurs semis : “On peut démarrer les premiers semis des espèces qui ne sont pas très exigeantes en température de germination, qui ont la capacité de germer à des températures inférieures à 10°C, entre 5 et 10°C. C'est le cas par exemple des fèves. Elles ne sont pas très répandues dans la région mais méritent de l'être parce que ce n'est pas très compliqué, c'est un excellent légume et en plus c'est une source de protéines puisque c'est de la famille des légumineuses. On peut les semer dès maintenant. Ça ne demande pas une terre spécialement bien préparée. Ça ne nécessite pas non plus d'enrichissement du sol puisque la fève a l'incapacité d'absorber l'azote elle-même. On n'a pas besoin de faire d'apport de fertilisant ou, au maximum, un tout petit apport de compost qui est vraiment très léger.” 

Semer les petits pois

Une autre espèce qu'on peut semer, également dans la famille des légumineuses : les petits pois. “Il y a 2 types de variétés, une à grains lisses, et l'autre à grains ridés. Le pois lisse est relativement rustique et on peut le semer dès maintenant. Je prends toujours la précaution, malgré tout, de recouvrir le semis et de protéger avec un voile de croissance. C'est de la toile non-tissée qu'on peut poser directement sur le sol. Ça présente plusieurs avantages. Ça améliore un peu le réchauffement du sol et on augmente la température de quelques degrés, ce qui favorise la germination. On a une meilleure levée. Et puis ça protège également contre les dégâts d'oiseaux. Les oiseaux sont très friands des pois au moment de la germination. Quand on est en milieu urbain, on a des chats qui viennent gratter et qui causent également des dégâts. On peut laisser en place ce voile jusqu'à ce que les pois mesurent 8 à 10 cm de hauteur, pendant un bon mois”, explique Christian Rougeron.  

Protéger les radis et retirer le paillage

D’autres plants peuvent également se faire dès le mois de février : “On peut aussi faire les préparations du sol pour les semis de petites graines comme la carotte ou le radis, qu'on va pouvoir semer bientôt. On peut commencer les semis dès maintenant, mais toujours avec un voile de croissance pour améliorer les chances de réussite du semis. Il permet de protéger les radis contre un petit parasite, un tout petit coléoptère noir qui est très friand des jeunes pousses de radis. C'est quasiment indispensable de protéger les semis de radis avec un voile de croissance qu’on laisse en permanence, jusqu'à la cueillette. Cela permet d'avoir des radis beaucoup moins piquants, de meilleure qualité”, conseille l’expert. Mais avant de semer, il faut un potager débarrassé du paillage installé en hiver : “Si on laisse cette couverture épaisse, le sol va rester froid. Il aura beaucoup de mal à se réchauffer et ça sera défavorable pour les semis. Le plus simple est de le réutiliser pour pallier des arbustes ou de le mettre au compost pour qu'il termine sa vie et que ses matières organiques terminent leur évolution, leur décomposition.” 

Piéger les nuisibles

La saison est également propice pour se débarrasser des parasites dissimulés dans les profondeurs du sol, qui commencent à remonter à la surface : “Dans nos régions, on a principalement 2 types de parasites, on a les taupiers qui attaquent beaucoup les pommes de terre, les salades, entre autres cultures ; et on a de plus petits organismes, des parasites qui ne sont pas visibles à l'œil nu. Lorsque les plantes vont commencer à germer, ils vont ronger, détruire les racines. Le meilleur moyen de freiner leur développement, ce sont des piégeages. J'utilise des des morceaux de pommes de terre. On les coupe en 4, on les pique sur une pique à brochette pour pouvoir les retrouver facilement dans le sol et on les enterre à 7 ou 8 cm de de profondeur. On relève ces pièges au bout de 15 jours et si on constate la présence de taupiers ou parasites sur ces pommes de terre, on les met dans un dans un seau d'eau pour noyer les parasites. On renouvelle l'opération jusqu'à ce que le moment soit venu pour la plantation ou pour le semis.” Une méthode naturelle pour se débarrasser des nuisibles.  

Travailler la terre

Le sol doit également être préparé pour les semis et les plantations futures. Christian Rougeron affirme : “Quand on a des périodes de beau temps il faut travailler superficiellement à la griffe pour faire de la terre fine. Par exemple, des semis de carottes, qui sont souvent difficiles à réussir, nécessitent vraiment une terre très bien préparée. Surtout pas une terre qui a été remuée, qui a été retournée grossièrement à la bêche ou au motoculteur, mais une terre qui a été préparée. On va pouvoir affiner sans chercher à travailler en profondeur, simplement pour remettre en surface les mottes qui n'auront pas évolué d'elles-mêmes. Il faut penser aussi à faire les apports de fertilisants. C'est le moment d'apporter le compost dans les jardins. Il ne faut pas attendre le jour du semis ou la veille du semis pour emporter le compost. Ce sont des produits qui agissent lentement, qui demandent une évolution dans le sol avec l'intervention d'un certain nombre de micro-organismes pour que ce compost se transforme en éléments fertilisants, en éléments minéraux assimilables par les plantes. On a tout à fait intérêt à en apporter à partir maintenant en février, en réalisant une incorporation assez superficielle avec le même outil, dans les 5 premiers centimètres sans chercher à enfouir ce compost en profondeur.” D’autres variétés, plus sensibles au froid, devront être semées plus tard dans l’année.