Puy-de-Dôme : pourquoi les salariés de l’usine Sanofi de Vertolaye étaient appelés à la grève

Ce jeudi 8 juillet, salariés et syndicats de l’usine Sanofi se sont mobilisés à Vertolaye, dans le Puy-de-Dôme. Ils sont inquiets suite à la nomination d’un nouveau directeur chez EuroAPI, entreprise dont ils dépendront à partir de 2022. Les syndicats demandent des garanties financières.
Devant l'usine Sanofi de Vertolaye, dans le Puy-de-Dôme, salariés et syndicats se sont mobilisés ce jeudi 8 juillet pour exprimer leur inquiétude.
Devant l'usine Sanofi de Vertolaye, dans le Puy-de-Dôme, salariés et syndicats se sont mobilisés ce jeudi 8 juillet pour exprimer leur inquiétude. © C.Lamorelle/FTV

Un rassemblement était organisé ce jeudi 8 juillet à l’usine Sanofi de Vertolaye, dans le Puy-de-Dôme. Les syndicats espèrent faire entendre leur inquiétude sur le changement de direction prévue pour le site dès 2022, dans le cadre du projet de cessation de l’usine par Sanofi à EuroAPI. Ils demandent à Sanofi un accompagnement financier et espèrent mobiliser les pouvoirs publics.

Un changement de direction

En janvier 2021, Sanofi a annoncé la nomination d'un nouveau directeur, Karl Rotthier, ex-dirigeant de Centrient Pharmaceuticals, à la tête de l’entreprise EuroAPI. EuroAPI sera chargée de développer ses productions d’ingrédients actifs pharmaceutiques (les API) et de les commercialiser en Europe. En France, deux usines de production chimiques sont concernées par ce changement, à Saint-Aubin-lès-Elbeuf, en Seine-Maritime et à Vertolaye, dans le Puy-de-Dôme.

D’après Paul Meira Do Rego, secrétaire CFDT du CE Sanofi, « l’inquiétude est énorme ». Il explique : « Nous avions vu d’un très bon œil EuroAPI au moment de l’annonce initiale. Mais Sanofi a rétropédalé et a débarqué un nouveau futur directeur. Nous n’avons plus aucune certitude. »

La nécessaire « souveraineté nationale »

L'introduction en bourse de l’entreprise, prévue pour mars 2022, cristallise notamment les tensions. « L’entrée en bourse d’EuroAPI est estimée à un milliard d’euros, dont 30 % appartiennent à Sanofi. A l’origine, les 700 millions restants, les fruits de l'entrée en bourse, devaient être rétrocédés », développe Paul Meira Do Rego. Avec le changement de direction, le site de Vertolay n’a plus de certitude : « Que vont décider les futurs actionnaires ? De prioriser l’investissement ? Cela ne se fait pas souvent. » Magali Mathevon, déléguée syndicale CGT du site de Vertolaye ajoute que l’usine est mal en point : « Sanofi nous a laissés nous abîmer, nous avons 120 équipements obsolètes, de nombreux hors service, qu’il faudrait remplacer. La crise sanitaire a montré que nous avions besoin d’une souveraineté industrielle et ici nous avons toutes les compétences pour produire les API. »

Le directeur du site de Veyrtolaye, Cédric Van Der Meiren, se veut rassurant : « l'objectif est de faire de notre site un acteur principal dans la fabrication des actifs pharmaceutiques. C'est un projet qui a du sens dans l'industrie, qui vise aussi à retrouver une souveraineté nationale, en rapatriant les productions en Europe, y compris à Vertolaye. » Il précise que l'entrée en bourse ne met pas en péril les emplois sur le site. « Sanofi va garder 30 % des parts. J'entends les inquiétudes, mais ce projet va être porteur et très positif pour notre usine. C'est un projet structurant d'importance. »

A terme, les syndicats craignent des licenciements pour les quelque mille salariés, voire une « fermeture du site ». Les salariés étaient appelés à faire grève, une heure, ce jeudi 8 juillet.

 

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