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Le lycée de Sain-Bel (69) se mobilise contre l'expulsion d'Arnaud, un de ses élèves rwandais

Arnaud, jeune rwandais arrivé en France en 2011 comme mineur isolé, est aujourd'hui menacé d'expulsion. Devenu majeur, la préfecture lui a refusé un titre de séjour au vu de ses résultats scolaires au 1er trimestre jugés "insuffisants". Son lycée se mobilise aujourd'hui massivement à Sain-Bel.
Le lycée de Sain-Bel (69) se mobilise contre l'expulsion d'Arnaud, un de ses élèves originaire du Rwanda et menacé d'expulsion - ARCHIVES
Le lycée de Sain-Bel (69) se mobilise contre l'expulsion d'Arnaud, un de ses élèves originaire du Rwanda et menacé d'expulsion - ARCHIVES

La nouvelle est tombée il y a peu : la mobilisation lycéenne a peut-être payé puisque la professeure principale du jeune homme vient d'être invitée par la préfecture à plaider sa cause. On le saura dans les heures à venir. Il faut dire qu'aujourd'hui les lycéens et les professeurs du Lycée Germaine Tillion de Sain-Bel (69) ont mis le paquet : l'établissement était bloqué ce matin avec force banderolles, sit-in et grève des professeurs.

En ligne de mire : la préfecture du Rhône qui, le 22 janvier 2015, a refusé à Arnaud N. la délivrance d'un titre de séjour et assortit sa décision d'une obligation de quitter le territoire français à destination du Rwanda.

En effet, pour le Préfet, le bulletin du premier trimestre de terminale d'Arnaud présente "un bilan nettement insuffisant par manque de travail et d’investissement" et, pour lui, suffit à considérer que le cursus scolaire d'Arnaud M. "ne présente pas des gages de sérieux et d'assiduité". Et de conclure que rien ne s'oppose à ce qu'il soit renvoyé au Rwanda "où il a nécessairement conservé ses attaches culturelles et sociales".

Un recours a été présenté au tribunal administratif : les professeurs établissent chacun une attestation insistant sur la remarquable intégration scolaire de d'Arnaud, son investissement et son sérieux dans ses études, qui, pour eux, ne peut être remis en cause par une unique appréciation, pour un seul trimestre. Même le conseiller principa d'éducation a établi une attestation.

Pourtant, le recours a été rejeté par jugement du 15 mars 2016 : bien qu'Arnaud soit désormais sans attaches familiales au Rwanda, (sa mère et son frère ont été assassinés en 1998, et son père porté disparu en 2011)  il ne "justifie pas du caractère sérieux de ses études", puisque sa moyenne générale sur les derniers trimestres de classe de première et de terminale est inférieure à 10. Il peut donc "sans qu'il ne soit porté atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale, être renvoyé au Rwanda "où il a vécu la majorité de son existence".

Son avocate a demandé un sursis à exécution de ce jugement car Arnaud N. peut être renvoyé à tout moment.

durée de la vidéo: 02 min 13
Mobilisation pour un lycéen rwandais ©F3RA

 

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