Le centre de soins pour animaux sauvages ferme ses portes à Saint-Forgeux (Rhône)

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L'Hirondelle est partie: le centre de soins pour animaux sauvages basé à Saint-Forgeux (Rhône) ferme ses portes, faute de financements suffisants, et se lance dans la recherche de nouveaux partenariats pour un grand projet.
 

Le centre de soins pour animaux sauvages à Saint-Forgeux (Rhône), le seul existant dans le Rhône, n'accueille plus d'animaux sauvages, faute de budget, à partir du lundi 30 septembre. Dans  un communiqué la direction précise: "Nous le présagions déjà depuis plusieurs semaines, mais nous devons confirmer avec tristesse la fermeture de notre site de Saint-Forgeux. Malgré un épuisement de l'équipe, nous avons fait notre possible pour reporter l'échéance afin de limiter l'impact sur les animaux. Nous comptons nous battre pour rouvrir le plus rapidement possible."

Créé en 1998, le centre de soins a pour but de recueillir la faune sauvage en détresse, de la soigner et de la relâcher dans son milieu naturel. Tous les oiseaux sauvages ainsi que les petits et moyens mammifères sont concernés dans les départements du Rhône, de la Loire, de l'Ardèche et de la Drôme. Depuis son ouverture, près de 40.000 animaux ont été soignés.
 

 

Un projet de 240.000€


Aujourd'hui les finances de l’association sont au plus bas. Le budget actuel de fonctionnement est de 200.000€, dont la majorité provient de dons et des adhésions.
L'association cherche aujourd'hui de nouveaux financements pour construire un nouveau bâtiment. Le coût du projet est de 240.000€. Sur ce montant, l'équipe compte sur l'aide de ses partenaires publics et privés pour un montant de 150.000€. Mais il reste encore à réunir 90.000€ : une cagnotte en ligne est lancée.

L'équipe souhaite également augmenter considérablement son  budget de fonctionnement. Des discussions sont déjà en cours avec les partenaires. Le projet consiste enfin à construire 5 grandes nouvelles volières dont les financements ont déjà été trouvés.

 

"On est très tristes de fermer"



Cet été, près de 1.000 martinets ont été accueillis. Le défi a été relevé: les oiseaux migrateurs ont tous été relâchés en bonne santé. Entre 2015 et 2019, le nombre d’animaux pris en charge a doublé. Au mois de juillet, plus de 1.200 animaux ont été soignés, avec parfois plus de 100 arrivées par jour, ce qui constitue une augmentation de 40% par rapport au même mois de l’année passée.

Très émue, Adeline, animalière en contrat saisonnier, témoigne: "On est très tristes de fermer le centre de soins. On manque de soutiens financiers et humains. On attend une réelle aide, et une prise de conscience. Je suis émue, j'ai vraiment très envie que le centre réouvre et qu'on puisse sauver tous ces animaux. J'en tremble un petit peu. On sait qu'on peut faire plus, il manque juste les moyens pour le faire, de l'argent pour construire des locaux et pour avancer. On sait qu'on peut le faire. On ne veut pas terminer définitivement."

Ce matin, le directeur Pascal Tavernier amenait en voiture un moineau avec une aile cassée: c'est le dernier animal à être admis au centre. La porte se referme, sans savoir quand le centre pourra rouvrir. "C'est des regrets, mais il faut se dire aussi qu'il va falloir se bouger énormément pour trouver des solutions, pour relancer nos partenaires. On va croiser les doigts pour que ça bouge vite, pour rouvrir le plus tôt possible."