Chauffer sans se ruiner: les astuces des bailleurs sociaux pour passer l'hiver

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Les bailleurs sociaux tentent d'atténuer au mieux la hausse des prix de l'énergie, un sujet central du congrès du mouvement HLM qui débute mardi 26 septembre à Lyon.

Les bailleurs sociaux ont dû se battre pour bénéficier du bouclier tarifaire, via lequel l'État plafonne le coût de l'énergie pour les particuliers en compensant la différence avec les prix du marché. Le gouvernement avait déjà mis plusieurs mois à y inclure leurs achats de gaz pour le chauffage collectif, le mode de chauffage le plus courant dans les HLM.

+15 % à partir de janvier 



Et leurs achats en gros d'électricité ne sont toujours pas couverts, une faille que le gouvernement a promis de corriger très vite. "Là où il y a un oubli, on le répare", a promis le ministre délégué à la Ville et au logement, Olivier Klein, estimant le coût de cette mesure entre 900 millions et un milliard d'euros.

Car cet oubli occasionne des augmentations de charges, liées à l'électricité pour les parties communes (ascenseurs, éclairage, parkings...).

Plus grave, quelque 100.000 familles, soit environ 2% du parc social, qui disposent d'un chauffage électrique collectif, sont pour l'heure totalement exposées à la flambée des tarifs.

Et après le 1er janvier, le bouclier tarifaire doit être relevé, faisant augmenter les tarifs de 15%.



"On est inquiets", a prévenu la présidente de l'Union sociale pour l'habitat (USH), Emmanuelle Cosse. "Même si le bouclier tarifaire est un effort important qui jugule le prix, pour nos locataires, de toute façon il y a un effort considérable et 35% vivent sous le seuil de pauvreté."

19 degrés maximum 



Plusieurs bailleurs  prévoient de limiter strictement à 19 degrés la température de chauffe à l'intérieur des logements, comme préconisé par les agences publiques.

Dans le Nord, l'office public Partenord Habitat va fixer, partout où le chauffage est collectif, la température à 19 degrés le jour et 17 la nuit. Là où il est individuel, des actions de sensibilisation auprès des locataires sont prévues.

"On ne voudrait pas conduire à des restrictions d'énergie qui pourraient provoquer du chômage partiel dans les industries du nord de la France, qui sont fortement consommatrices", explique le directeur général, Stéphane Boubennec.

"On va essayer de retarder au plus l'allumage du chauffage collectif", ajoute Cyrille Fabre, directeur de l'exploitation chez Paris Habitat. "Habituellement, c'est autour du 15 octobre. Tout jour au-delà de cette date sera un jour gagné."

Chèque énergie, fonds de solidarité ...



Certains, anticipant la hausse des prix, ont d'ores et déjà augmenté les charges pour leurs locataires, afin de leur éviter un coup de massue au moment de la régularisation annuelle des charges. CDC Habitat a aussi mis en place un fonds de solidarité de 1,15 million d'euros pour accompagner ses locataires incapables de surmonter leurs impayés.

Et ACM Habitat informe les locataires sur les aides publiques existantes: chèque énergie, fonds de solidarité... "Un grand problème de notre pays, c'est le non recours aux droits", dit Michaël Delafosse.

L'urgence : mieux isoler 



Enfin, pour diminuer les besoins -et pour atteindre les objectifs climatiques fixés par la loi- les bailleurs s'efforcent de rendre les logements moins énergivores le plus vite possible.

"On n'avait pas anticipé la crise avec la guerre en Ukraine, bien sûr, néanmoins, le risque d'augmentation des prix de l'énergie et surtout le réchauffement climatique, on les avait intégrés", se félicite Emmanuelle Copin, directrice générale adjointe chez Paris Habitat.



 avec AFP 





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