Cinéma d'Animation : "Les Bad Guys", la consécration californienne pour Pierre Périfel, originaire de Lyon

Publié le Mis à jour le
Écrit par D. Mazzola (propos recueillis par J.Sauvadon)

Le studio d'animation américain Dreamworks revient avec une licence inédite au cinéma. "Les Bad Guys". Pour réaliser ce long-métrage, le studio a fait appel au réalisateur lyonnais Pierre Perifel. Après une solide carrière chez Dreamworks, il s’est vu confier son premier projet solo. Une consécration.

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A 41 ans, Pierre Périfel est le premier Français choisi pour prendre, seul, la réalisation américaine d’un long-métrage d’animation. Ancien élève du lycée Jean-Paul Sartre, à Bron, il est passé par l'école Émile Cohl de Lyon et les Gobelins à Paris, avant de partir aux Etats-Unis.

Formation au dessin traditionnel

Un parcours qui le dote notamment d'une culture de l’illustration traditionnelle. Un atout par rapport aux animateurs uniquement formés à la 3D.

"J'ai découvert l'animation quand j'étais en Terminale, je faisais un bac Arts appliqués. Je voulais faire du design de voiture, j'adorais les "concepts cars". Un jour j'ai vu un reportage sur le travail d'animateur dans un gros studio comme DreamWorks. Ça a change complètement mon univers", explique Pierre Périfel. Il se découvre alors une passion pour l'animation mais il a besoin de se perfectionner en dessin. Il intègre alors l'école Emile Cohl, une institution à Lyon, pour recevoir les bases de cet enseignement

Je suis allé à l'école Emile Cohl qui m'a complètement formé au dessin classique, rigoureux. Une formation extraordinaire : dessin de modèle vivant, perspective, anatomie, nature, illustration. Une formation particulièrement béton.

Pierre Périfel

L'école Emile Cohl lui a permis "d'aiguiser" sa main et son oeil. Pierre Périfel dit avoir "appris à regarder". Ensuite, Pierre Périfel a intégré "Les Gobelins" pour se spécialiser en animation. 

Remarqué par DreamWorks

Grâce à son film de fin d'études, en 2004, il est remarqué par les DreamWorks qui lui proposent de partir aux Etats-Unis. "Je voulais vraiment continuer dans le dessin, dans l'animation traditionnelle. Or à cette époque, les studios américains étaient passés à la 3D. Je voulais vraiment continuer dans l'exploration graphique de mon dessin". Pierre Périfel fait alors ses armes dans plusieurs studios, sur plusieurs films : Curious George, Nocturna, Lucky Luke, L’Illusionniste, Lascars… Il signe avec le prestigieux studio californien en 2008. Départ pour Los Angeles.  

Les échelons gravis un à un

Pierre Périfel a fait l’essentiel de sa carrière au sein de DreamWorks Animation, à Los Angeles. "J'ai continué d'affiner ma technique d'animateur 2D. Mais ça a été une période très courte", explique-t-il. L'animation a gravi tous les échelons. Il a commencé par animer des des personnages de superproductions.  Il a fait ses armes avec Lord Shen, le méchant de Kung Fu Panda 2 ou encore le Père Noël des Cinq Légendes. Il est ensuite devenu superviseur d’animation. Mais plusieurs de ses films sont stoppés (Monkeys of Mumbaï, Larrikins). Le court-métrage Bilby le réconcilie avec le succès et lui fait découvrir toutes les facettes de la réalisation. Le film, qui met en scène un marsupial et le poussin albatros, est présenté en clôture du Festival d’Annecy 2018 et pré-sélectionné aux Oscars 2019.

L'ascension continue alors chez DreamWorks : il passe par la case directeur d’animation, puis storyboarder et enfin réalisateur. 

"C'est l'heure du crime, bébé !"

Avec "Les Bad Guys", c'est la consécration pour le Lyonnais. Dans ce polar d'animation, cinq animaux anthropomorphes (un loup, un requin, une tarentule, un serpent et un piranha) plongés dans une histoire de bons et de méchants. Ce long métrage est l'adaptation au cinéma de la série de livres jeunesse "The Bad Guys" signée Aaron Blabey. Pierre Périfel reprend les codes des films de braquage de Quentin Tarantino. Un hommage et non une parodie. "The Bad Guys, un peu Reservoir Dogs et Kill Bill pour enfants".

>> L’intrigue suit une bande d’animaux criminels, qui s’apprêtent à réaliser leur plus gros coup : devenir des citoyens respectables. La bande annonce de Bad Guys.

Le réalisateur a voulu un film "plein d'énergie, drôle et plein de références", "qui sort des sentiers battus". "C'est un accomplissement personnel de trois ans et demi de travail, mais aussi une fierté. Je suis reconnaissant au studio de m'avoir fait confiance", explique Pierre Périfel. 

J'ai trouvé mon truc, un travail qui me plait pour faire passer des messages, d'ouvrir les esprits et raconter des histoires sensibles.

Pierre Périfel

Ce projet semble avoir mis un terme à une série noire. Les premiers films dont il a pris la direction artistique ou qu’il a co-réalisés avaient tous été retirés in extremis du catalogue. Mais cette fois-ci, il tient son film. La pandémie de Covid-19 n'a pas même réussi à compromettre la production du film. "Les Bad Guys" sort au cinéma ce mercredi 6 avril.

Le reportage de J.Sauvadon et M.Boudet

Cinéma d'Animation : "Les Bad Guys", la consécration californienne pour Pierre Périfel, originaire de Lyon ©France tv - Reportage J.Sauvadon / M.Boudet
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