Coronavirus : de grands mouvements de population en Auvergne-Rhône-Alpes après l'annonce du confinement

Outre la métropole de Lyon, les stations de ski ont été désertées : la Savoie a connu une baisse de 38 % à 43 % de population après le début du confinement. / © Vincent Isore / Maxppp
Outre la métropole de Lyon, les stations de ski ont été désertées : la Savoie a connu une baisse de 38 % à 43 % de population après le début du confinement. / © Vincent Isore / Maxppp

Dès l'annonce du confinement, des mouvements de populations ont eu lieu dans toute la région, selon une étude de l'Insee et d'Orange publiée jeudi 9 avril. Des habitants ont quitté Lyon pour les départements voisins, et les stations de ski se sont littéralement vidées. 

Par Mathieu Boudet

On savait déjà que de nombreux parisiens avaient quitté Paris lors à l'annonce du confinement de la population française, le 17 mars dernier. Mais une étude de l'Insee et de l'opérateur téléphonique Orange montre que d'importants mouvements de populations ont également eu lieu autour de la métropole de Lyon, et dans toute la région Auvergne-Rhône-Alpes.


 

Des métropoles vers les zones rurales

Sur la carte de France des migrations dressée par l'Insee, outre le Lot, le Gers et l'Yonne, l'Ardèche et la Haute-Loire voient leur population augmenter de près de 7% après l'annonce du confinement. Sur la carte, des zones très urbaines comme les métropoles de Paris et de Lyon apparaissent en blanc, leur population ayant diminué. Au total, en France, près de 1,4 million de résidents métropolitains ont quitté un département où ils étaient de passage pour rejoindre, notamment, leur département de résidence.
 
Evolution de la population française avant et après le début du confinement. / © Orange / Insee
Evolution de la population française avant et après le début du confinement. / © Orange / Insee
 

Grandes migrations en Auvergne-Rhône-Alpes

Plus précisément en Auvergne-Rhône-Alpes, on constate clairement une diminution de résidents en métropole lyonnaise, au profit des départements voisins : l'Ardèche et la Haute-Loire sont les plus concernées, mais l'Ain, la Loire, la Saône et Loire, ou encore la Drôme, ont également constaté une croissance de leur population, que l'on distingue en orange sur la carte. L'isère et les alpes apparaissent en clair, les départements de sport d'hiver ayant été désertés après la fermeture des stations. 

 
Evolution de la population en Auvergne-Rhône-Alpes. / © Orange / Insee
Evolution de la population en Auvergne-Rhône-Alpes. / © Orange / Insee
 

Les montagnes se sont vidées

Si le principal mouvement de population concerne Paris, à l'échelle nationale un second mouvement massif est constaté : l'exode des stations de ski, qui débute le 15 mars. La Savoie a connu une baisse de de 38 % à 43 % de population entre avant et après le confinement, -26 % à -28 % dans les Hautes-Alpes, -11 % à -13 % en Haute-Savoie. Le départ des porteurs de mobiles étrangers compte pour entre un tiers et la moitié des baisses dans chaque département alpin cité ci-dessus. Au total en France, le solde négatif est de l’ordre de 568 000 à 616 000 personnes, selon le scenario, si l’on ajoute à Auvergne-Rhône-Alpes les Pyrénées Orientales et Atlantiques, les Hautes-Pyrénées, la Haute-Garonne, et les Alpes-Maritimes.

 
Départs des étrangers après le début du confinement. En bleu foncé, le nombre de porteurs de mobiles étrangers à diminué de plus de 5%. / © Orange / Insee
Départs des étrangers après le début du confinement. En bleu foncé, le nombre de porteurs de mobiles étrangers à diminué de plus de 5%. / © Orange / Insee
 

Baisse de la population en France

Globalement en France métropolitaine, la population aurait diminué de 0,9 % à 1,5 % selon les projections de l'Insee et d'Orange, soit entre 620 000 et 810 000 personnes en moins. En particulier, près d’un million de porteurs de mobiles étrangers, touristes ou travailleurs, a quitté le territoire français. A Paris intra muros, la population a diminué de près d’un quart après le début du confinement, soit de 578 000 à 610 000 personnes en moins. Plus d’un quart d’entre elles étaient des porteurs de mobile étranger, moins de 40 % résidait dans un autre département que Paris et un peu plus d’un tiers résidait à Paris. Ainsi, 11 % à 12 % des Parisiens ont quitté Paris. 


 

Les données de nos portables

Cette étude s'appuie sur les données de réseau de l'opérateur téléphonique Orange, en fonction des activations de mobiles de son réseau d'antennes réparties sur le territoire. Ces comptages anonymes sont calibrés pour être représentatifs de l’ensemble de la population. Pour l'Insee, il s’agit d’informations utiles à la décision publique, notamment pour dimensionner l’offre de soins et de services sur le territoire. Cette situation exceptionnelle, pandémie et confinement, a conduit l’Insee à collaborer avec Orange pour élaborer une première description de la nouvelle répartition de la population sur le territoire.

L’Insee considère ces résultats comme provisoires. Ces derniers seront amenés à être consolidés, puis actualisés à partir d’informations plus récentes, provenant de plusieurs opérateurs et de sources alternatives.

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