Coronavirus Covid-19: le virus aggrave la pauvreté

Le Secours Populaire tire la sonnette d'alarme et publie un rapport avec des chiffres très alarmants sur la période du confinement : les demandes d'aide alimentaire ont augmenté de 30% dans le Rhône. Les bénéficiaires ont augmenté de 45% dans l'Ardèche, et de 44% dans l'Ain.

Selon le Secours Populaire, le nombre de demande d'aide alimentaire a augmenté de 30% pendant le confinement. Le virus aggrave la pauvreté selon l'association.
Selon le Secours Populaire, le nombre de demande d'aide alimentaire a augmenté de 30% pendant le confinement. Le virus aggrave la pauvreté selon l'association. © S Bozon / AFP
Le Secours Populaire publie un rapport mercredi 30 septembre sur les conséquences du coronavirus sur la pauvreté et les chiffres sont éloquents.
 

Dans le Rhône


De la mi-mars au mois de juin, les demandes d'aide alimentaire ont augmenté de 30% dans le Rhône. Le nombre de bénéficiaires a augmenté de 20%, et les étudiants sont 30% de plus.

En  2019 il y avait 17.000 bénéficiaires, il y en a 3.000 de plus cette année.

Et cette tendance se confirme dans tous les autres départements.
 

Selon l'Insee en 2017, en France métropolitaine, 8,9 millions de personnes vivaient en-dessous du seuil de pauvreté, fixé à 1.041 euros net par mois.

Au Secours Populaire du Rhône, 43% des bénéficiaires d'aide alimentaire ont déclaré que le confinement était la cause de leur situation.

"C'est aujourd'hui une situation alarmante"



Pour Sébastien Thellot, secrétaire général de l'association dans le département, interrogé sur notre antenne, "ces chiffres, nous les découvrons depuis plusieurs mois. Pour nous il n'y a pas eu d'arrêt de l'activité. Pendant le confinement, nous nous sommes concentrés sur la distribution alimentaire, et aussi l'impression des autorisations de sortie par milliers pour ceux qui ne pouvaient pas les imprimer."

Il s'inquiète des chiffres publiés aujourd'hui: "C'est aujourd'hui une situation alarmante, et très préoccupante pour tous les publics. Personne n'est épargné. Quand la demande d'aide est exponentielle, çà remet en cause notre organisation. Quand vous pouvez accueillir X personnes dans des locaux, vous ne pouvez pas pousser les murs."

Une pointe d'optimisme: il souligne quand-même la hausse du nombre de bénévoles: "C'est très important, et c'est aussi un défi. Des gens découvrent la solidarité. On a besoin de cet engagement fort."
 

1 personne sur 2 est un nouveau venu

Le Secours populaire a enregistré une explosion des demandes d'aide alimentaire pendant le confinement dans toute la France, où près d'1 requérant sur 2 était un nouveau venu.
Pendant les deux mois du confinement, 1.270.000 personnes ont sollicité l'aide du Secours populaire dans ses permanences d'accueil - contre 3,3 sur toute l'année 2019. Parmi ces demandeurs, 45% étaient jusque-là inconnus de l'association, indique ce baromètre réalisé avec Ipsos.

"Un chiffre absolument énorme", s'alarme Henriette Steinberg, secrétaire générale de l'association. "Mais j'ai bien peur que ce soit encore en train d'augmenter", affirme-t-elle à l'AFP.

Le confinement a aussi accentué les inégalités scolaires, avec le "manque de matériel informatique (ordinateurs, imprimantes) et d'accès à internet pour suivre l'école à distance, des logements exigus ne permettant pas de s'isoler pour étudier dans le calme", souligne l'association, rappelant que 500.000 enfants auraient décroché scolairement.
 

Les étudiants

Les étudiants, nombreux à occuper de petits boulots pour financer leurs études, représentent une autre catégorie durement touchée par la crise et le chômage qui l'a accompagnée.
"Nous n'avons jamais vécu une situation pareille depuis la Deuxième Guerre mondiale, et il y a urgence pour aider tous ces gens", affirme la responsable associative. "Beaucoup n'avaient jamais demandé d'aide à personne. Et là, non seulement ils n'ont plus de quoi se nourrir, mais ils ne peuvent plus payer leur loyer ni l'électricité".

En 2019, le Secours populaire avait au total aidé près de 3,3 millions de personnes et s'attend à un chiffre "largement supérieur" pour 2020.
 
En France, la forte hausse du chômage déjà enregistrée en 2020 risque de continuer, avec 800.000 suppressions d'emplois attendues cette année selon la Banque de France, avant même l'annonce de nouvelles mesures de restrictions sanitaires le 23 septembre. 
Selon l'ONU, à l'échelle mondiale, la pandémie de Covid-19 pourrait faire basculer plus de 130 millions de personnes supplémentaires dans la faim chronique d'ici à la fin de l'année. 
     
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