Coronavirus Covid19 : le risque de “l'enfer” du confinement pour les femmes victimes de violences

Pendant la période du confinement, les associations d'aide aux femmes victimes de violences s'alarment. Photo d'archive. / © B. Levesque / MaxPPP
Pendant la période du confinement, les associations d'aide aux femmes victimes de violences s'alarment. Photo d'archive. / © B. Levesque / MaxPPP

Le confinement mis en place pour tenter d'enrayer la propagation du coronavirus Covid-19 pourrait engendrer une réelle augmentation des cas de violences conjugales, s'alarment les associations.

Par Renaud Gardette

"Terreau propice aux violences" dégénérant en "véritable calvaire" pour les victimes: le confinement mis en place par les autorités pour tenter d'enrayer la propagation du coronavirus pourrait engendrer une augmentation des cas de violences conjugales, s'alarment vendredi plusieurs associations.

Entre l'angoisse d'une dangereuse promiscuité, la peur de se signaler et les doutes sur la capacité des forces de l'ordre à intervenir rapidement, l'inquiétude plane sur les victimes, dans un pays en pleine crise sanitaire.
 

Le calvaire du confinement pour les victimes 


"Etre confiné, c'est déjà compliqué pour des gens qui s'entendent bien. Alors pour les victimes de violences conjugales, elles vont vivre un véritable calvaire", se lamente la présidente de l'UNFF (Union nationale des familles de féminicides). "Malheureusement, je pense qu'on doit s'attendre à une recrudescence des violences conjugales et féminicides dans les prochaines semaines. On est désemparé", poursuit Sandrine Bouchait.

Quand elle a pris connaissance des mesures de confinement, Morgane Seliman, ancienne victime de violences conjugales, a tout de suite imaginé "l'enfer" de cette "prison". "J'ai eu une pensée pour les victimes, hommes et femmes, enfermés avec leurs bourreaux. Ca doit être horrible", dit-elle. "Je me dis aussi : heureusement que je suis partie. Sinon, je serais morte vingt fois".
 

Très angoissant


"On sent bien qu'on est dans l'inconnu. Le confinement va durer 15 jours, si ce n'est plus. C'est très angoissant", juge Liliane Daligand, présidente de Viffil SOS Femmes, association basée à Lyon et qui trouve des solutions d'hébergement à des femmes victimes de violences.

"Il faut prendre en charge les femmes en trauma qui ont besoin de déverser ce qui est trop lourd à porter. Malgré les consignes de confinement, s'il y a danger imminent, il faut partir et ne pas risquer sa vie", insiste cette médecin-psychiatre.
 

Quelle continuité pour les numéros verts?

    
Un plan de continuité est mis en place pour le 3919, numéro national pour les femmes victimes de toute forme de violences (sexuelles, conjugales, psychologiques, etc.), a expliqué jeudi 19 mars la secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes, rappelant elle aussi que le confinement est "un terreau propice aux violences".

Pour l'heure, ce numéro "est temporairement suspendu, le temps que l'on mette en place, le plus vite possible, le télétravail pour les écoutantes", a expliqué à l'AFP la présidente de la Fédération nationale solidarité femmes (FNSF), qui gère la plateforme. "Le 3919 devrait normalement fonctionner lundi et si possible, un peu avant".

De son côté, "la plateforme arretonslesviolences.gouv.fr", qui permet aux victimes de violences de dialoguer avec les forces de l'ordre de manière anonyme, "reste active 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7", a souligné jeudi Mme Schiappa.
 

La justice continue de travailler pour les victimes


Par ailleurs, "le traitement des contentieux essentiels, et notamment les affaires de violences conjugales" sont maintenus, a affirmé Marlène Schiappa. Cela concerne par exemple les "ordonnances de protection", les "présentations devant le juge d'instruction et le juge de la liberté et de la détention" et les "procédures d'urgence devant le juge civil (...) pour l'éviction du conjoint violent", avait-elle précisé dans un communiqué.
 

 

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