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Flexibilité pour l'employeur et sécurité pour le salarié, le pari d'une entreprise lyonnaise

Illustration. / © Maxppp
Illustration. / © Maxppp

Une jeune entreprise lyonnaise propose d'embaucher 3.000 chômeurs ou intérimaires en CDI "classique" d'ici fin 2019 pour les "mettre à disposition" d'entreprises à la recherche de flexibilité.

Par P.S. avec AFP

"Nous ne faisons pas de l'intérim", a expliqué jeudi devant la presse Philippe Bazin, fondateur du groupe PSC. "Nous répondons à la nécessité de flexibilité structurelle des entreprises", tout en donnant de la stabilité aux salariés.

Entre CDD et intérim, quatre millions de personnes sont précaires en France. "C'est colossal", s'indigne le dirigeant qui a fait de cette cause "son cheval de bataille".

"Les entreprises en souffrent aussi: on ne peut pas reprocher aux travailleurs précaires de ne pas être investis à 100%", fait-il valoir.

La solution proposée par PSC est très différente du CDI intérimaire qui "est un échec", explique M. Bazin, avec seulement 15.000 contrats signés depuis sa création il y a trois ans. Proposés par les grandes sociétés d'intérim, ils s'adressent en fait à des salariés de bon niveau, immédiatement employables et qui ne connaissent pas le chômage.

Mais ces employés n'ont pas le choix de leurs missions (chez PCS ils peuvent en refuser deux), peuvent être amenés à travailler jusqu'à 50 km de chez eux, accepter un salaire moindre de 30% d'une mission à l'autre et être payé au SMIC entre deux contrats. "Qui va signer ça?", s'interroge M. Bazin. Chez PCS, le maintien du salaire pendant l'intermission consomme "80% de la marge de l'entreprise", qui est toutefois bénéficiaire et verse un intéressement à ses salariés. Ils disposent aussi d'une mutuelle et d'un comité d'entreprise. Si en moyenne la durée d'une mission d'intérim est de huit jours, elle est de deux ans et demi chez PSC.

La société lyonnaise embauche ses collaborateurs "uniquement en CDI". Tous sont inscrits à Pôle emploi et affichent un niveau de formation initiale peu élevé (CAP) mais sont régulièrement formés. A 80%, ils sont placés dans l'industrie, qui recourt traditionnellement beaucoup à l'intérim. Pour l'entreprise, le coût est le même.

Créé en 2011 par M. Bazin et sa femme Valérie, PSC a embauché depuis sa fondation 850 personnes, dont 42% ont par la suite été recrutées par leur société d'accueil.

"Le fait que ces salariés soient déjà en CDI rassure. Souvent au moment d'embaucher l'employeur ne peut s'empêcher de se demander: 'mais pourquoi est-il toujours en CDD après tant d'années ? Il doit y avoir un problème...'", explique M. Bazin. La société dispose actuellement de quatre agences mais prévoit d'en porter le nombre à une vingtaine à l'appui de ses projets d'expansion. Ce développement sera financé sur fonds propres même si une ouverture du capital n'est pas exclue. La société a dégagé l'an dernier un bénéfice net de 0,2 million d'euros sur un chiffre d'affaires de 14 millions.

D'autres entreprises proposent des services comparables à ceux de PSC.

M. Bazin en recense une quinzaine - "mais nous sommes les plus gros" - qui devraient se fédérer cet été en un Syndicat professionnel du temps partagé. 

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