"Ils profitent des prix de l'énergie pour justifier la fermeture", des ouvriers de Saint-Gobain en grève pour sauver leur usine centenaire

Le groupe Saint-Gobain prévoit de fermer en 2023 son usine de Vénissieux près de Lyon et ses salariés se mobilisent dans l'espoir de sauver le site, actif depuis 124 ans.

Le fleuron français des matériaux de construction pense terminer "à l'automne" les discussions sur le plan de sauvegarde de l'emploi visant à reclasser les 64 salariés au sein du groupe ou à l'extérieur.

Quelques dizaines de salariés ont tenu ce jeudi 15 septembre, un piquet de grève devant le site "Savoie Réfractaires" à Vénissieux. 

"On nous a annoncé la fermeture du jour au lendemain, avant les vacances d'été, on a tous été choqués, on ne s'y attendait pas", souffle Christophe Vettraino, 26 ans d'ancienneté dans l'entreprise. Le site de Vénissieux, qui produit des matériaux réfractaires à même de supporter des chaleurs extrêmes "perd de l'argent depuis plus de dix ans en dépit des actions mises en place et malgré deux recapitalisations", a indiqué à l'AFP Saint-Gobain.

"Recapitaliser c'est bien, mais il n'y a pas eu de vrais investissements et ils n'ont pas remplacé les départs" réagit Salah Atmani, délégué syndical Unsa de l'usine.   

Une décision difficile à encaisser

La pilule passe d'autant moins bien que le groupe présent dans 75 pays a multiplié par 5
ses bénéfices en 2021 à 2,5 milliards d'euros.
"C'est une mort préméditée. Saint-Gobain profite du contexte actuel et des prix de l'énergie pour justifier la fermeture", assène Gilles Degéa, secrétaire général de l'union locale de la CGT.
Certains salariés craignent que le groupe veuille délocaliser la production en Asie ou aux Etats-Unis, des régions moins dépendantes du gaz russe.
La porte-parole de Saint-Gobain assure pour sa part "ne pas avoir d'informations" sur une délocalisation et conteste que les coûts de l'énergie soient la cause de la fermeture. 
Cependant, selon elle, "le contexte géopolitique et l'augmentation des coûts des matières premières et du transport ne permettent pas d'envisager une amélioration" de la situation de l'usine.

Soutien de la maire de Vénissieux aux salariés

"Ce n'est pas aux salariés de trinquer", s'agace la maire communiste de Vénissieux, Michèle Picard, présente aux côtés des grévistes pour sauver ce "patrimoine industriel".  "Saint-Gobain peut faire d'autres choix", ajoute-t-elle. Le groupe a annoncé en mars son intention d'accroitre ses capacités de production sur les isolants en France en investissant 120 millions d'euros dans la production de laine de
verre.

Avec une moyenne de 26 ans d'ancienneté, beaucoup de salariés n'imaginent pas
l'avenir ailleurs. "On est une famille, c'est ça qu'on va perdre", soupire Carlos
Calvo, 53 ans. 

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