Le coup de gueule d'élus contre la gouvernance du président de la métropole lyonnaise

Quarante-quatre maires de la région lyonnaise ont signé dimanche une tribune dans le JDD pour dénoncer le mépris dont ils se sentent victimes de la part du président de la Métropole.
La tribune est parue dans le JDD dimanche dernier
La tribune est parue dans le JDD dimanche dernier © France 3 Rhône-Alpes

Ils se disent juste méprisés, l’objet d’un dédain qu’ils ne supportent plus au bout d’une année de gouvernance du président de la métropole, Bruno Bernard. « Nous voulons faire notre boulot de maires, et on ne peut plus le faire. Nous avons le sentiment que les communes ne peuvent plus jouer leur rôle. On se sent dépossédés de certains domaines », dit Marc Grivel, conseiller métropolitain, président du groupe Synergies à la métropole de Lyon. Exemple, la voirie urbaine, de compétence métropolitaine mais où les élus locaux, le conseil municipal, peuvent avoir leur avis à donner. « Eh bien, s’il est question d’une piste cyclable, cela fait partie d’un accord qui intègre la réalisation d’un nouveau trottoir qui est de compétence communale. De facto, l’arrivée de cette piste entraîne une voirie à sens unique », fulmine le conseiller métropolitain pour qui ce type de modification peut avoir de rudes conséquences sur le plan de circulation d’un quartier ou d’une commune.

La révolte de la "deuxième couronne"

Marc Grivel préside le groupe Synergies à la Métropole. Un groupe essentiellement composé d'élus de petites communes rurbaines
Marc Grivel préside le groupe Synergies à la Métropole. Un groupe essentiellement composé d'élus de petites communes rurbaines © France 3 Rhône-Alpes

Une fronde politique ? Pas du tout, rétorque Marc Grivel « Ce sont des réunions trans-partisanes où il n’est pas question de s’appuyer sur une appartenance politique. » Ils sont, disent ils, des maires qui veulent pouvoir continuer à être maires ! Et de souligner, façon de peser, qu’étant certes 44,  ils représentent, en tant qu’élus, 600 000 habitants sur le million quatre que compte la métropole. Bref, la méthode du président leur reste en travers de la gorge. Pour ces signataires, il ne s’agit en aucun cas d’une remise en cause de la légitimité de son élection, mais de sa manière d’être, sa façon de gouverner.

Vice-présidente de la Métropole, Helène Geoffroy, a mis en place un pacte de cohérence qui régit les relations entre les maires et la collectivité territoriale. Elle réfute le terme de mépris et tient à noter que la métropole est en lien permanent avec  les élus communaux. Il existe même des réunions de concertation par territoire métropolitain, qui permettent aux conseillers territoriaux et aux maires et conseillers municipaux, de prendre part ensemble aux discussions, explique en substance la vice-présidente et maire (PS) de Vaulx-en-Velin. « Je comprends que les maires se posent des questions. Il nous faut trouver des points d’équilibre entre les projets portés par les maires et les programmes des conseillers métropolitaines », soutient l’ancienne ministre de la Ville de François Hollande.

Les maires veulent retrouver toute leut place

En cette fin de première année de mandat du nouvel exécutif, ces maires ne se retrouvent plus comme partenaires de la métropole comme cela était le cas jusqu’à l’année dernière, 5 années qui s’étaient plutôt bien passées avec Gérard Collomb, depuis la création des métropoles en 2015. Ecartés, selon eux, de la vie publique et de l’application d’un certain nombre de leurs prérogatives, ces élus ne veulent plus se retrouver sur le bas-côté. A la clef de leur coup de gueule, les moyens financiers fléchés sur les communes, une somme totale qu’ils estiment à 200 millions d’euros. «  Que voulez-vous que l’on fasse avec ça ? », s’interrogent –ils.  Hélène Geoffroy, de son côté, se demande si  il n’y aurait tout de même pas un côté partisan dans la tribune…  Certains d’entre les signataires sont politisés, fait-elle remarquer. «  Nous voulons rester dans une discussion entre élus locaux et pas entre partis politiques ! »

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