Les maires et les curés du diocèse de Lyon travaillent en communion pour préserver le patrimoine catholique

La Commission diocésaine d’Art sacré de Lyon organise une journée sur le thème « Agir ensemble pour le patrimoine religieux », sous la présidence de Mgr Olivier de Germay, archevêque de Lyon et en présence de Mgr Emmanuel Gobilliard, évêque-auxiliaire de Lyon.
Le diocèse de Lyon compte près de 550 églises réparties sur le département du Rhône, et l’arrondissement de Roanne dans le département de la Loire (Illustration : Eglise de Saint Haon le Chatel, Loire, France)
Le diocèse de Lyon compte près de 550 églises réparties sur le département du Rhône, et l’arrondissement de Roanne dans le département de la Loire (Illustration : Eglise de Saint Haon le Chatel, Loire, France) © MAX PPP

"Croyants ou non, ce sujet nous concerne tous. La gestion et la valorisation du patrimoine religieux participent à l’attractivité des villes et des territoires." rappelle d'emblée le diocèse de Lyon. Le constat est d'ailleurs largement partagé : il est indispensable de préserver et d'entretenir ces traces de notre histoire.

Un patrimoine conséquent : le diocèse de Lyon compte près de 550 églises réparties sur le département du Rhône, et l’arrondissement de Roanne dans le département de la Loire. Ces églises, affectées au culte catholique, sont en grande majorité propriété des communes selon la loi de 1905

A Saint-Genis l'Aval (Métropole de Lyon), des infiltrations d'eau nécessite l'engagement de travaux, à hauteur de 10 000 euros, co-financés par la mairie.
A Saint-Genis l'Aval (Métropole de Lyon), des infiltrations d'eau nécessite l'engagement de travaux, à hauteur de 10 000 euros, co-financés par la mairie. © Vincent Diguat

Pour aider notamment les élus à assurer le bon entretien de ces lieux de patrimoine, une journée est organisée chaque année, avec pour objectif de leur permettre de rencontrer les bons interlocuteurs.

Ainsi, des experts du patrimoine aborderont des sujets concrets sur l’ensemble des problématiques de gestion de ce patrimoine religieux au quotidien : la restauration, les objets mobiliers, les archives, la sécurisation et la sûreté, les initiatives pour faire vivre les églises, la création, les financements… Pas toujours simple.

Trouver un terrain d'entente et des financements

A Saint-Genis Laval, dans la Métropole de Lyon, la commune est propriétaire de la chapelle Notre Dame de Beaunant. A ce titre, elle engage 10 000 euros pour lancer des travaux d'étanchéité.

Comme souvent en pareil cas, le curé et l'élu doivent collaborer, pour parvenir à préserver un bien "commun", et, y intégrer des problématiques de sécurisation.

"Il faut bien sûr que l'on se comprenne, entre les mairies et paroisses. Que l'on comprenne quelles sont les nécessités et les limites des uns et des autres" explique Vincent Gerard, curé de la paroisse de Saint-Genis-Laval et Irigny. "Je comprends que nous ne sommes pas le seul lieu où la mairie doit investir. C'est vrai. mais la mairie doit aussi comprendre que, pour nous, ce lieu est important. Parce que c'est un lieu de vie."
"Il faut bien sûr que l'on se comprenne, entre les mairies et paroisses. Que l'on comprenne quelles sont les nécessités et les limites des uns et des autres" explique Vincent Gerard, curé de la paroisse de Saint-Genis-Laval et Irigny. "Je comprends que nous ne sommes pas le seul lieu où la mairie doit investir. C'est vrai. mais la mairie doit aussi comprendre que, pour nous, ce lieu est important. Parce que c'est un lieu de vie." © Vincent Diguat

Dans ce cas précis, les financements sont conjoints. La mairie supporte les coûts des travaux, avec l'aide de donateurs, de fondation, ou du diocèse. Une action qui est fortement "encouragée" par les pratiquants, qui incitent leur maire à agir.

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Entretien de la chapelle de Saint-Genis Laval (69)

Le cas de la chapelle de Saint-Genis est emblématique de la plupart des cas traités par Violaine Savereux-Courtin, responsable de la Commission diocésaine d'art sacré de Lyon : "Cette commune a beaucoup investi pour entretenir l'église du village, laissant un peu la chapelle de côté, pendant plusieurs années. Aujourd'hui, on se retrouve avec de jolies fresques rares datant de 1940 qui tombent par morceaux. C'est le cas typique, et il a fallu trouver les moyens d'assurer les premiers travaux urgents. Cela demande une vraie volonté poltique dont la commune fait preuve, en l'occurence, dans ce cas précis."

Les édifices du diocèse ne Lyon ne sont pas en péril

Globalement les églises du diocèse sont heureusement en bon état. "Il n'existe pas d'arrêtés de péril, par exemple, en ce moment, sur le diocèse de Lyon. On note une véritable volonté d'entretenir ce patrimoine de la part des propriétaires que ce sont les communes, en commun avec les curés concernés." confirme la responsable.

Violaine Savereux-Courtin, de la Commission diocésaine d'art sacré
Violaine Savereux-Courtin, de la Commission diocésaine d'art sacré © Vincent Diguat

L'idée de cette démarche annuelle est surtout d'apprendre à entretenir régulièrement les églises. "En effet, C'est le message qui est martelé aujourd'hui par les institutionnels du patrimoine, notamment. Il ne faut pas se retrouver dans des édifices dans lesquels il n'y a pas eu de travaux pendant 15 ans, pour hériter subitement d'une facture colossale de plusieurs millions d'euros, qui sera inabordable pour une petite commune. Quand on assure un entretien régulier, ce sont des travaux beaucoup plus abordables. On va aussi limiter les dégâts. Par exemple, si vous n'entretenez pas la toiture de votre église, il va y avoir rapidement des dégâts colatéraux d'humidité, qui vont se propager sur les objets, les murs, et ensuite les soucis sont en cascade."

Cette journée de rencontres est la 3ème du genre à Lyon. Elle se déroule à l'Hôtel de Région et avait réuni 300 participants l'an dernier.

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