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Lyon : après le vote du PLUH, des habitants s'indignent

Le PLUH dessine le visage de la métropole lyonnaise des 10 prochaines années. Certains habitants estiment qu'ils n'ont pas été entendus. / © Joel Philippon / Maxppp
Le PLUH dessine le visage de la métropole lyonnaise des 10 prochaines années. Certains habitants estiment qu'ils n'ont pas été entendus. / © Joel Philippon / Maxppp

Le Plan Local d'Urbanisme et d'Habitat a été voté lundi 13 mai par la métropole de Lyon. Il doit encadrer et accompagner le développement urbain pour, au moins, les 10 prochaines années. Mais certains collectifs d'habitants demandent à être davantage entendus.

Par Mathieu Boudet

"PLUH" : un terme technique, mais que vous devriez connaître si vous habitez la métropole de Lyon. Car il vous concerne forcément d'une façon ou d'une autre, et pour au moins... Les 10 prochaines années ! 

 

Le visage de la métropole de demain


Le Plan Local d'Urbanisme et d'Habitat de la métropole de Lyon a été voté par le conseil métropolitain, à une très large majorité, lundi 13 mai 2019. Il y a eu quelques abstentions, comme celle du groupe des Républicains, mais aucun vote contre des élus. Cet ensemble de quelques 1 500 pages, et qui pèse environ 130 kg, est le fruit d'un travail d'une dizaine d'années, dont 7 ans de négociations avec les 59 communes qui composent la métropole, et 4 ans et demi de consultations publiques ouvertes aux habitants. 

Le résultat, ce sont des centaines de cartes et de pages de règlements, qui déterminent les zones constructibles ou non constructibles, et les normes ou les contraintes selon les lieux de constructions ou rénovations à venir. Pour toute la métropole, le PLUH délimite ainsi des zones de fort développement économique, des zones à privilégier pour l'immobilier de bureau et de commerces, des zones dont le patrimoine architectural est à préserver, ou encore des zones non constructibles, réservées aux espaces naturels ou à l'agriculture.

On vous explique tout sur le PLUH avec Mathieu Boudet et Thierry Swidersky :
 
Le PLUH de Lyon

 


Des collectifs d'habitants s'indignent



Si les débats n'ont pas donné lieux à des votes d'opposition de la part d'élus, des collectifs d'habitants de Lyon se font plus sévères. 9 collectifs se sont unis pour dénoncer certains aspects de ce PLUH, qui va à l'encontre de leur vision du développement urbain de demain. Parmi eux, 2 collectifs du quartier de la Guillotière, le collectif "Part-Dieu" ou encore des groupes d'habitants de la Croix Rousse.

Geneviève Anstett, membre du collectif signataire "La Fabrique de la ville", du quartier de la Croix Rousse, regrette les orientations de ce PLUH, qu'elle estime éloignées des préoccupations des habitants : "ils ne prennent pas en compte notre projet de société, aussi bien sur l'évolution de l'habitat, que sur les espaces verts". En effet, si la métropole revendique la création de 750 hectares d'espaces verts non constructibles à l'échelle de la métropole, pour Geneviève Anstett, c'est un "effet d'annonce" qui ne distingue pas les zones bien réelles en périphérie, des zones densément habitées, au centre : "dans [certains] quartiers, on constate qu'il y a des terrains qui étaient classés en zone verte et qui ne le sont plus", remarque-t-elle, évoquant la vente prévues de ces terrains à des promoteurs immobiliers privés.  
 
Contre le PLUH

 

Contre la "gentrification" de leurs quartiers


Dans un communiqué, les collectifs réclament une "charte municipale et métropolitaine en complément du PLUH", pour que "les habitants puissent participer aux transformations de leur ville et de leur cadre de vie". La métropole fait, elle, valoir que plus de 3 200 contributions d'habitants ont été recueillies lors de 86 réunions publiques organisées durant la phase de réalisation du PLUH. Mais certains membres de ces collectifs dénoncent des "opérations de communication visant moins à recueillir l'avis des habitants qu'à les convaincre de la pertinence des projets proposés, souvent peu ou pas modifiables." 

Ils constatent que "les choix politiques faits pour leurs quartiers produisent des phénomènes de gentrification et d’exclusion, [et] vendent le foncier public au profit de promoteurs privés". Ils estiment également que l'urgence climatique n'est pas assez prise en compte dans les développements urbains à venir.
 

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