Lyon : l'enquête se poursuit après l'attaque d'une voiture de police lors des émeutes de Bron, 5 personnes interpellées

Quatre mineurs et un majeur ont été arrêtés et placés en garde à vue après l'attaque impressionnante d'un véhicule de police à Bron lors des échauffourées samedi 06 mars. Pour une source proche de ce dossier, "il y avait des armes de guerre, et une volonté de casser du flic."

La voiture de police saccagée lors des échauffourées de Bron samedi 06 mars. "L'équipage est très choque" selon une source proche du dossier.
La voiture de police saccagée lors des échauffourées de Bron samedi 06 mars. "L'équipage est très choque" selon une source proche du dossier. © Alliance PN / DR

Les faits se sont déroulés très rapidement à Bron samedi 06 mars, lors des échauffourées qui ont ébranlé le quartier de Parilly: du mobilier urbain a été cassé, plusieurs voitures de particuliers incendiées. Selon nos informations, et selon une source proche de ce dossier, "ces policiers ont su garder leur sang-froid et leur professionalisme face à une attaque très violente. Heureusement que personne n'a été blessé."

"On ne fait que monter crescendo"

"On ne fait que monter crescendo" depuis jeudi dernier dans les banlieues lyonnaises selon cette même source: "Il y a une volonté de casser du flic maintenant." Ce responsable craint que les jeunes de certains quartiers ne se donnent le mot, pour montrer "leur savoir-faire", et faire parler de leur quartier. Il décrit "des armes de guerre dans les mains de gamins", comme les coktails molotov et des mortiers de feux d'artificelancés parfois de très près vers les forces de l'ordre. Il conclue: "on espère que les renforts envoyés vont stopper l'embrasement actuel. On espère que ça se calmera très vite."

Sur twitter, un syndicat de police a diffusé ces nouvelles photos très impressionnantes des dégâts sur la voiture attaquée hier.

5 personnes interpellées

Selon le parquet, vers 18 heures 40, un équipage du commissariat de Lyon 8 déposait un mineur en fugue à la maison de l’enfance IDEF rue Lionel Terray à Bron. En ressortant, les trois fonctionnaires sont requis par des passants qui leur signalent la présence d’une femme blessée à proximité. Ils lui portent secours aussitôt.

Dans le même temps, un groupe d'une quarantaine de personnes, vêtus de noir et aux visages dissimulés par des capuches et des masques de protection, s’en prennent au véhicule stationné à proximité, comme le montre une vidéo tournée par un riverain et diffusé largement sur les réseaux sociaux. Le pare-brise arrière, les vitres côté conducteur et passager sont fracassés, les deux ailes avant endommagées. Les jeunes ont tenté d’incendier la voiture au moyen d’un mortier; ils ont en partie incendié la banquette arrière.

Un équipage de la BAC est arrivé sur place en renfort très rapidement, et a été pris à partie par des jets de projectiles divers dont des mortiers, des pierres et des bouteilles de verre brisant la lunette arrière de leur véhicule.

Une enquête a été ouverte pour participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations, violences volontaires sur personnes dépositaires de l’autorité publique et dégradations en réunion par incendie de biens d’utilité publique. Cette enquête a été confiée par le parquet de Lyon à la sureté départementale.  

Dans le cadre de cette enquête, 5 personnes dont 1 majeur et 4 mineurs ont été placées en garde à vue.

Gérald Darmanin: "De très gros trafics ont été arrêtés"

Pour le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, qui a réagi face à la presse dimanche 07 mars: "Toute la nuit les policiers ont travaillé. 21 interpellations ont eu lieu, dont 5 à Bron. Ces violences urbaines ont notamment comme explication le fait que la police, depuis plusieurs semaines désormais, intervient et harcèle les points de deal. S'il y a des violences urbaines, c'est parce qu'on intervient, on interpelle. Dans la banlieue lyonnaise de très gros trafics ont été arrêtés. Plus il y aura harcèlement des points de deals, plus il y a manifestement réaction des dealeurs, mais à la fin ce sera toujours la police qui va gagner".

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