Lyon. L'épouse de l'ex-président chinois d'Interpol veut savoir s'il est "toujours en vie"

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Écrit par Nadjette Maouche
La justice chinoise a condamné cet ancien vice-ministre de la Sécurité publique à environ 13 ans de prison pour avoir touché 14,46 millions de yuans (1,86 million d'euros) de pots-de-vin entre 2005 et 2017 en "profitant de ses fonctions et de ses pouvoirs".
La justice chinoise a condamné cet ancien vice-ministre de la Sécurité publique à environ 13 ans de prison pour avoir touché 14,46 millions de yuans (1,86 million d'euros) de pots-de-vin entre 2005 et 2017 en "profitant de ses fonctions et de ses pouvoirs". © JOEL PHILIPPON / MAXPPP

L'épouse de l'ex-président chinois d'Interpol Meng Hongwei, condamné en 2020 pour corruption en Chine après avoir disparu subitement de son poste à Lyon, a appelé l'organisation à "s'assurer qu'il est toujours en vie".

A la veille de sa 89eme assemblée générale de l'organisation prévue lundi 22 novembre à Istanbul.L'épouse de l'ex président d'Interpol demande des nouvelles de son mari disparu.


"Je demande respectueusement à l'Assemblée générale (...) d'instruire le secrétariat général de m'informer sur les mesures prises (...) pour s'assurer que M. Meng est vivant", écrit-elle dans une lettre adressée à l'organisation de coopération policière internationale basée à Lyon.

Disparu depuis 3 ans

"Plus de trois ans ont passé depuis la disparition de M. Meng et je n'ai reçu
aucune information sur mon époux", poursuit Grace Meng dans son courrier. 

Contactée par l'AFP, Interpol a confirmé avoir reçu "une requête de Mme Meng demandant d'intervenir auprès de la Chine".  Ses "réclamations visant Interpol sont mal dirigées" même si "sa situation est regrettable du point de vue des droits humains", a déclaré un porte-parole de l'organisation.


En effet, "le secrétariat général d'Interpol ne peut pas interférer avec les procédures judiciaires nationales, cela porterait atteinte aux principes de neutralité et d'indépendance de l'organisation", selon lui.
La justice chinoise a condamné cet ancien vice-ministre de la Sécurité publique à environ 13 ans de prison pour avoir touché 14,46 millions de yuans (1,86 million d'euros) de pots-de-vin entre 2005 et 2017 en "profitant de ses fonctions et de ses pouvoirs".

Lors de son procès en 2020, il a "reconnu sa culpabilité et a fait montre de repentance", selon le tribunal populaire qui l'a jugé. La télévision chinoise avait alors diffusé des images de lui encadré par deux policiers.

Placé en détention provisoire en Chine

Nommé président d'Interpol en novembre 2016, le Chinois avait subitement disparu du siège lyonnais de l'organisation policière deux ans plus tard, en septembre 2018. Au bout d'une dizaine de jours, Pékin avait annoncé qu'il était rentré en Chine où il avait été placé en détention après des soupçons de corruption.

Peu de détails ont été divulgués sur cette affaire qui s'inscrivait dans la campagne anti-corruption lancée par le président chinois Xi Jinping après son arrivée au pouvoir.
"Son arrestation et sa condamnation ne sont pas liées à Interpol ni à son poste de président d'Interpol", selon le porte-parole. La position de président d'Interpol "ne protège pas des enquêtes criminelles ou des poursuites pour des activités menées dans ses capacités nationales dans son propre pays", selon la même source.
L'assemblée générale d'Interpol est prévue du 23 au 25 novembre à Istanbul.

Grace Meng et ses deux enfants ont obtenu l'asile politique en France en mai 2019.

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