Lyon-Turin : 42 maires de l'agglomération lyonnaise lancent un appel pour défendre le projet

Sur les 59 communes de la Métropole, une large majorité de maires lance un appel formel en faveur de l’accélération du Lyon-Turin. Le chef de l'exécutif métropolitain, lui, préfère serrer le frein à main, quitte à provoquer une bronca au sein de la collectivité.

Quarante-deux maires de l'agglomération se sont réunis au château de Saint-Priest pour défendre le projet de liaison ferroviaire du Lyon-Turin.

Ils appellent le gouvernement à respecter ses engagements. Gilles Gascon, l'édile de la commune scande "nous refusons de tourner le dos à l'Italie".

La position de l'exécutif de la métropole dénoncée

Pointé du doigt, l'exécutif métropolitain, mené par Europe Ecologie Les Verts et LFI, est accusé de vouloir "faire dérailler le projet".

Pour Gilles Gascon, "c’est un mauvais signal que la Métropole ne soit pas favorable à cette infrastructure." Il poursuit, "c’est incompréhensible qu'aujourd’hui, le signal envoyé par la Métropole de Lyon, une des plates-formes économiques les plus importantes de France, avec un exécutif écologiste, puisse être contre la décarbonation et le Lyon-Turin."

Pour le maire LR, cette controverse de la part de l’exécutif métropolitain ne va pas dans le sens de l’histoire. La France a pris des engagements depuis longtemps, que les écologistes avaient soutenus à l'époque.

Pour les maires favorables au projet, le gouvernement doit prendre une décision sur le tracé des 150 km de voies d'accès vers le tunnel en cours de construction, pour relier Lyon à Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie) puis Turin. "L'achèvement nécessite un engagement urgent et résolu de l'Etat", a plaidé Gilles Gascon.

Un projet inutile selon l'exécutif de la Métropole

La construction du tronçon français de Lyon-Turin, en partie retardé par la farouche opposition de la Métropole de Lyon au projet, pourrait bien se transformer en un Dijon-Turin. C’est en tout cas ce que recommandait le Comité d’orientation des infrastructures (COI) en janvier.

"On la trouve inutile, explique Jean-Charles Kohlhaas, Vice-président EELV Métropole de Lyon. C’est un projet international et de l’État français, c’est 30 milliards d’euros, donc la Métropole ce n’est pas le décideur, quand le ministère de l’Économie, la Cour des comptes n’en veulent pas, ce n’est pas le problème de la métropole de Lyon. Ces élus doivent s’adresser au gouvernement et aux services de l’État".

"Les écologistes sont pour le report modal sur le ferroviaire, ce qui n’a rien à voir avec la construction d’un tunnel international car il en existe déjà un et ça fait 20 ans qu’on aurait pu mettre les camions entre la France et l’Italie sur le train si on avait voulu" conclut-il.

Dans quelques semaines, l’Etat doit décider la réalisation des indispensables voies nouvelles d’accès depuis Lyon jusqu’au tunnel sous les Alpes dont le creusement en cours est irréversible.

Plusieurs associations, dont les Soulèvements de la terre et les No-Tav italiens ont prévu de manifester le 17 juin dans la vallée de Maurienne, pour dénoncer les impacts de ce chantier qu'ils jugent "inutile".

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