Meurtre de Jessica à Lyon : 18 ans de réclusion criminelle requise contre Pierre-Olivier Labastida

Une peine de 18 ans de réclusion a été requise mercredi devant les assises du Rhône à l'encontre de Pierre-Olivier Labastida, 32 ans, pour le meurtre présumé de son épouse mexicaine, retrouvée morte au pied de leur immeuble à Lyon.

Une peine de 18 de réclusion a été requise contre Pierre-Olivier Labastida pour le meurtre de Jessica Astorga Carballo
Une peine de 18 de réclusion a été requise contre Pierre-Olivier Labastida pour le meurtre de Jessica Astorga Carballo © Maxppp

Une peine de 18 ans de réclusion a été requise mercredi devant les assises du Rhône à l'encontre de Pierre-Olivier Labastida, 32 ans, pour le meurtre présumé de son épouse mexicaine, retrouvée morte au pied de leur immeuble à Lyon.

"Il y a eu une volonté homicide, animée par la colère", a assuré l'avocat général Philippe de Monjour, en demandant au jury de ne pas suivre la thèse de l'accusé, qui invoque des violences sans intention de donner la mort, survenues lors d'une dispute.

Meurtre camouflé en suicide 

Les faits se sont déroulés le 11 août 2018, dans le quartier de la Croix-Rousse à Lyon. Le corps de Jessica Astorga Carballo, 26 ans, était retrouvé au petit matin dans une mare de sang à l'aplomb de l'appartement conjugal. Ancien toxicomane, le jeune mari avait tenté de maquiller la scène en suicide, affirmant aux policiers que son épouse s'était volontairement jetée par la fenêtre du troisième étage.

Une version qu'il avait changée 48 heures plus tard au commissariat où il s'était rendu, avouant une dispute dans la nuit avec la victime qu'il aurait voulu "calmer", puis aurait "maîtrisée" en lui serrant le cou. Il aurait ensuite transporté le corps, selon ses mots, avant de le faire basculer dans le vide.

"Le moment de la strangulation a duré longtemps", a insisté M. de Monjour, rappelant que l'auteur a serré le cou de la victime au moins trois minutes, selon l'estimation des médecins légistes. Le magistrat a réclamé une peine complémentaire de dix ans de suivi socio-judiciaire et l'interdiction des droits civiques et civils.

Guet-apens affectif

"Elle était tombée dans un guet-apens affectif", a dénoncé l'avocat de la famille de la victime, Me Raphaël Malleval, déplorant que "l'accusé a passé son temps à dénigrer la victime, comme si c'était elle la responsable de sa propre mort". La veille des faits, le couple s'était rendu au domicile des parents du jeune homme, à Valence, pour parler divorce après plusieurs mois de difficultés conjugales. L'accusé a décrit une jeune femme instable et agressive, exerçant du chantage au suicide.

La mère et la soeur de Jessica, venues du Mexique, ont décrit une jeune femme qui s'est retrouvée progressivement isolée. "Petit à petit, elle a diminué la fréquence de ses messages. J'avais l'impression qu'elle ne souriait plus sur les photos", a témoigné sa soeur Aline, 32 ans, à la barre de la cour d'assises. Selon sa famille, Jessica a été incitée par son mari à consommer de l'héroïne, et était accusée de tous les maux par sa belle-famille.

De père mexicain, Pierre-Olivier Labastida a rencontré Jessica lors d'un voyage de six mois au Mexique en 2016, avant de l'épouser l'année suivante. La mésentente s'est rapidement instaurée au sein du jeune couple, sur fond de consommation de drogues. La famille de l'accusé a évoqué une jeune femme "instable" qui aurait refusé leur main tendue. "La famille va se saigner pour lui payer une formation d'architecture d'intérieur", a plaidé en défense Me Elodie Guellier.

La tentative de maquiller le crime a relevé d'une forme de "déni", selon l'avocate. "Quand il s'est rendu, il n'y avait rien de calculé, c'était un acte de remord, de contrition", a ajouté son autre avocat Me Philippe Tatiguian, estimant que le jeune homme a donné "une leçon d'humanité" en décidant de se rendre à la police, le surlendemain du crime.

Le verdict est attendu dans la soirée.

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