Nuisances nocturnes : la tension monte dans la Presqu'île de Lyon

© Image collectif Presqu'île en Colère
© Image collectif Presqu'île en Colère

Chaque semaine, le scénario est le même en Presqu'île de Lyon: tapage nocturne, concerts de klaxons, cris et rodéos dans les rues. Les riverains de la rue Herriot, excédés, se sentent en danger. Le week-end dernier la tension est montée d'un cran. 

Par Dolores Mazzola

La ville de Lyon, à travers un arrêté municipal, a décidé il y a quelques semaines de fermer à la circulation la rue Edouard-Herriot les vendredi et samedi de 22h à 4h du matin. Mais visiblement la présence de panneaux interdisant la circulation dans cette artère très fréquentée du centre-ville, ne sert à rien.

Nuisances nocturnes : les riverains alertent depuis des mois


Des moteurs qui vrombissent, des pneus qui crissent, des concerts de klaxons, des cris, des sifflements, de la musique, des injures ... les nuits sont très agitées en fin de semaine en Presqu'île. Une partie des riverains et habitants du 2e arrondissement, au nord de la place Bellecour, n'en peuvent plus. Certains ont même déménagé. 

Des habitants, exaspérés de ces scènes devenues ordinaires chaque week-end ont même constitué un groupe facebook très actif : le collectif "Presqu'île en colère".

Le groupe s'est formé pour alerter les élus sur l'ampleur de ces nuisances nocturnes. Mais depuis des mois, ils tirent en vain la sonnette d'alarme. Des vidéos et autres photos attestant de leur quotidien sont régulièrement postées sur les réseaux sociaux. Le collectif dit aujourd'hui compter près de 2000 membres. Ils ont également lancé une pétition en ligne qui a déjà recueilli plus d'un millier de signatures. 

Ces riverains, membre du collectif, sont allés jusqu'à afficher leur exaspération en accrochant des draps aux fenêtres...  rien n'y fait. 


La tension est montée encore d'un cran : les riverains de la rue Herriot se sentent en danger


Et la tension semble monter au fil des week-ends. Ainsi samedi 14 septembre, l'exaspération était à son comble et les incivilités ont cette fois-ci viré à l'agression.

Au milieu de la nuit, un riverain à bout aurait lancé de sa fenêtre un jet de projectile sur une voiture. En représailles, plusieurs individus se seraient introduits dans un immeuble en fracturant deux portes d'entrée, rapportent-le collectif sur twitter. Des individus qui auraient selon le collectif agi "par vengeance". Les riverains en colère interpellent aujourd'hui le maire de Lyon et les autorités : "on attend un mort pour agir".
 

Après l'incident grave du week-end, plusieurs familles et régies d'immeuble ont porté plainte. Mais certains craignent aujourd'hui des représailles.
 

Elus et autorités font la sourde oreille ?


Le collectif aujourd'hui regrette l'absence de réaction du maire de Lyon Gérard Collomb et des pouvoirs publics.  La ville de Lyon dit chercher des solutions. La vidéo-verbalisation, des bornes de protection pour limiter l'accès au centre ville ont été mises en place. La ville indique aussi avoir demandé des renforts policiers à la Préfecture pour épauler la police municipale. "Quinze, vingt agents, jusqu'à trente sont présents la nuit, verbalisent et sont payés en heures supplémentaires, c'est un coût important pour le contribuable lyonnais," explique Jean-Yves Secheresse, "malheureusement, ils ne sont pas aidés ensuite par la police nationale."
 
Lassés d'attendre des réponses qui tardent à venir, les riverains de la Presqu'île envisagent de s'inviter au conseil municipal lundi prochain. Ils envisagent également une action collective en justice.

 
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