Pédophilie dans l'église : un appel à témoignages lancé par la Commission Sauvé

La Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'église (CIASE) lance un appel à témoignages. Pendant un an, cette commission -présidée par l'ancien vice-président du Conseil d'Etat Jean-Marc Sauvé- va recueillir la parole de victimes, pour des conclusions rendues "fin 2020".

Des membres de la CIASE (Commission independante sur les abus sexuels dans l'Eglise) : le psychanalyste Jean-Pierre Winter, le juge Antoine Garapon, l'ancien Vice-Président du Conseil d'Etat Jean-Marc Sauvé et l'administratrice de l'Association anti-corruption Transparency International France Sylvette Toche.
Des membres de la CIASE (Commission independante sur les abus sexuels dans l'Eglise) : le psychanalyste Jean-Pierre Winter, le juge Antoine Garapon, l'ancien Vice-Président du Conseil d'Etat Jean-Marc Sauvé et l'administratrice de l'Association anti-corruption Transparency International France Sylvette Toche. © JACQUES DEMARTHON / AFP
Un appel à témoin pour recenser -pendant un an- les abus sexuels dans l'église depuis les années 1950. La démarche est inédite en France, mais elle avait déjà porté ses fruits en Australie, où en 3 ans 40 000 signalements ont été apportés, pour un pays de 25 millions d'habitants.

Là, c'est la Commission Sauvé -du nom de l'ancien vice-président du Conseil d'Etat- qui est à l'origine de cette procédure, une commission de 22 membres constituée à la demande de l'Episcopat français, confronté à de multiples scandales.
 

Une ligne téléphonique, un mail, et une boîte postale dédiée

L'idée est que pendant un an, la parole des victimes -mineurs aux moments de faits ou personnes vulnérables- puisse être recueillie via le téléphone (01 80 52 33 55) par des écoutants formés, et ce en partenariat avec l'association France Victimes. Le dispositif est doublé d'une adresse mail (victimes@ciase.fr) et d'une boîte postale. 

Ensuite, un questionnaire anonyme sera proposé et des entretiens seront conduits avec le soutien de chercheurs en sciences sociales avec des personnes volontaires.
 

Une initiative diversement accueillie

François Devaux, le président de l'association lyonnaise La parole libérée regrette que la Commission Sauvé -composée de juristes, éducateurs, médecins, ou encore psychologues- n'inclut pas de représentants de victimes dans son effectif. Il concède toutefois que l'appel à témoin "va dans le bon sens", même s'il doute "que de gens qui ont été trahis par une autorité vont être enclin à aller témoigner".

De son côté Olivier Savignac, représentant un collectif de victimes reçu à Lourdes par l'épiscopat à l'automne dernier, parle lui d"un grand jour".

Craignant que la Commission Sauvé "manque de moyens" et ait "un accès difficile aux archives", un rapport sénatorial publié la semaine passée a appelé à lui donner "une réelle capacité d'action".
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