Portrait d'Hippolyte Flandrin, peintre lyonnais du tableau détruit dans l'incendie de la cathédrale de Nantes

Originaire de Lyon, Hippolyte Flandrin était l'élève préféré d'Ingres. Avec ses deux frères également peintres, Paul et Auguste, leur attachement à leur ville natale a été constant. Le musée des Beaux-Arts de Lyon leur consacrera une exposition au printemps 2021.
Hippolyte Flandrin est né à Lyon en 1809 et mort à Rome en 1864.
Hippolyte Flandrin est né à Lyon en 1809 et mort à Rome en 1864. © MBA Lyon
Les frères Flandrin sont considérés comme les peintres originaires de Lyon les plus importants du XIXè siècle. Le plus célèbre d'entre eux est Hippolyte, deuxième de cette fratrie dont Auguste est l'aîné et Paul le benjamin. Il se forme à l'école des Beaux-Arts de Lyon avant d'intégrer, en 1829, l'atelier de Jean-Auguste-Dominique Ingres à 20 ans. Puis il remporte le grand prix de Rome, lui ouvrant les portes de la prestigieuse villa Medicis pendant 6 ans.

Du portrait aux monuments

Il se distingue comme peintre d'histoire, grâce en particulier à ses portraits. Puis il obtient des commandes à Paris et se spécialise dans le grand décor religieux et monumental. Il orne une chapelle de l'église Saint-Séverin (1842), puis le sanctuaire et le chœur de l'église Saint-Germain-des-Prés (1846). Le succès de ce dernier chantier est tel qu'il enchaîne sur l'église Saint-Paul à Nîmes (1846), la nef de l'église Saint-Vincent-de-Paul (1848) à Paris, la basilique Saint-Martin d'Ainay (1855) à Lyon avant de revenir en l'église Saint-Germain-des-Prés, pour le décor de la nef. Un chantier qui durera 7 ans. Hippolyte Flandrin décédera avant d'avoir pu travailler au décor du transept, qui sera repris par un autre lyonnais, Sébastien Cornu.

Actuellement, un grand chantier de restauration de ces décors est en voie d'achèvement à l'église Saint-Germain-des-Prés à Paris.
 

Une relation fusionnelle avec son petit frère

Hippolyte Flandrin se remettra difficilement de la mort de son frère aîné, Auguste, à seulement 38 ans. Il peindra La Pietà pour lui rendre hommage. Un tableau décrivant la douleur de la mère sur le corps de son fils disparu.

Ce grand frère avait préféré rester à Lyon, alors que Paul, le benjamin, avait choisi de suivre Hippolyte dans l'atelier d'Ingres. Une relation fusionnelle, quasi gémellaire, s'installe entre Paul et Hippolyte. Si Hippolyte travaille sur les personnages, Paul s'est spécialisé dans les paysages. Ils travaillent de concert jusqu'à la mort d'Hippolyte en 1864. Selon les spécialistes, ce rapprochement est tel qu'il est difficile de différencier leurs mains sur les œuvres.

Les tableaux

Les décors prennent beaucoup de temps à Hippolyte Flandrin, qui réduit sa production de tableaux. Sa toile la plus célèbre est exposée au musée du Louvres, à Paris. Cette composition intitulée "Jeune homme nu au bord de la mer" a été réalisée en 1837, lors de son séjour romain à l'Académie de France, dans la villa Medicis. Un séjour durant lequel il avait peint "Saint Clair guérissant les aveugles", l'œuvre détruite dans l'incendie de la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes ce samedi.
 
Le tableau "Saint Clair guérissant les aveugles" se situait au-dessus du tableau électrique qui a pris feu.
Le tableau "Saint Clair guérissant les aveugles" se situait au-dessus du tableau électrique qui a pris feu. © Diocèse de Nantes

Une exposition au musée des Beaux-Arts de Lyon

Ces rapports entre les trois frères Flandrin seront l'objet d'une exposition au musée des Beaux-Arts de Lyon au printemps 2021. Le musée a acquis de nouvelles oeuvres depuis la dernière exposition de 1984. Il comprend des peintures, des dessins, des gravures, des photographies et des pièces d'archives. L'idée sera de "présenter ces découvertes et de renouveler l'approche de la carrière des frères Flandrin" selon le musée. L'objectif sera de "comprendre leur démarche, de souligner des jeux d'influences ou des traits singuliers". L'exposition s'appuiera ainsi sur le processus de création. Elle mettra également l'accent sur l'apprentissage des frères dans l'atelier d'Ingres. Une section dédiée aux décors présentera les recherches et analyses techniques menées lors du chantier de restauration de l'église Saint-Germain-des-Prés.
A la suite de cette exposition, le Cleveland Museum of Art aux Etats-Unis accueillera l'exposition-dossier "Flandrin: French Portrait Master".
 
Hippolyte Flandrin, esquisse de "Jésus-Christ et les petits enfants", 1837. 
Tableau conservé dans les collections du musée des Beaux-Arts de Lyon
Hippolyte Flandrin, esquisse de "Jésus-Christ et les petits enfants", 1837. Tableau conservé dans les collections du musée des Beaux-Arts de Lyon © Lyon MBA - Photo Alain Basset
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