Prison : drogues, téléphones, armes, la livraison de produits illicites par drones est un fléau

De plus en plus d'objets illicites se retrouvent dans les prisons avec la multiplication des drones. Le 8 octobre dernier, quatre individus spécialisés dans la livraison de stupéfiants et de téléphones par drone dans les maisons d'arrêts ont été arrêtés alors qu'ils s'apprêtaient à "livrer" deux paquets à la maison d'arrêt de Villefranche.

C’est la nouvelle méthode utilisée pour livrer des marchandises illégales aux prisonniers.  Auparavant, les colis étaient jetés par-dessus les murs d’enceinte. Désormais, ils sont livrés par des drones. Ces engins volants pilotés à distance arrivent jusqu’aux fenêtres des détenus, qui n’ont plus qu’à tendre la main pour récupérer leur paquet. De la drogue, du tabac, de la nourriture, des téléphones ou des armes qui alimentent les trafics en interne. 

  • 250 livraisons

    par drone en Auvergne-Rhône-Alpes depuis le début de l’année et 700 au niveau national.

  • 5 centres pénitentiaires équipés de brouilleurs

     sur les 19 de notre région.  Les brouilleurs empêchent les drones de voler dans l’enceinte de la prison. Le ministère de la Justice compte équiper 45 prisons d'ici à la fin de l'année réparties sur tout le territoire.  

  • 23 survols au-dessus de la Talaudière et 6 à Roanne

     depuis le début de l’année. Ce problème est pris très au sérieux par les autorités. Elles craignent des dérives et une montée en puissance, car au-delà des livraisons, ces engins pourraient être chargés d’explosifs et utilisés pour des évasions.  

Des prisons surpeuplées et une surveillance complexe 

On dénombre 19 prisons, toutes surpeuplées. La principale : c’est la maison d’arrêt de Corbas, près de Lyon, inaugurée en 2009.  Elle accueille plus d’un millier de détenus alors qu’elle a été conçue pour 700. La densité moyenne est de 140 %, c'est la moyenne nationale d’après l’Observatoire international des prisons.  


La palme revient aux maisons d’arrêt du Puy-en-Velay (Haute-Loire), de Chambéry (Savoie), et de Bonneville (Haute-Savoie) où il y a deux fois plus de détenus que de places disponibles. Les prisonniers sont entassés dans les cellules, avec des matelas à même le sol. 

Il faut dire qu’il n’y a jamais eu autant de prisonniers en France - on a franchi cet été la barre historique des 74 000 détenus - et aussi peu d'agents pénitentiaires. D’après Force ouvrière, il n’y a qu’un seul surveillant pour environ une centaine de prisonniers dans la prison de Corbas (Rhône). Une pénurie qui se confirme au niveau national. Le ministère de la Justice a du mal à recruter, car le métier n’attire pas. 

Côté bâtiment, le constat est tout aussi préoccupant. La prison de La Talaudière, la plus ancienne, construite dans les années 1960 est à la limite de la salubrité : Fenêtres cassées, humidité, insectes, saleté. Les bâtiments auraient dû être rasés et reconstruits, mais le projet a été abandonné.  À la place, une rénovation est en cours, mais ça prend du temps.

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