Rillieux-La-Pape : la boxe de rue s’invite dans les quartiers tous les dimanches

En attendant de trouver des locaux pour leur club, les responsables du Boxe Olympique Rillieux Académy entraînent leurs membres dans les rues. Le Street boxing, un concept lancé pendant la pandémie et qui séduit les jeunes. 

Le street boxe s'est développé à cause de la crise covid. A Rillieux, chaque dimanche est l'occasion d'un entraînement dans l'un des quartiers du plateau. Ici, sur un terrain de basket.
Le street boxe s'est développé à cause de la crise covid. A Rillieux, chaque dimanche est l'occasion d'un entraînement dans l'un des quartiers du plateau. Ici, sur un terrain de basket. © France 3 Rhône-Alpes

A tour de rôle, les responsables de l’association rilliarde arpentent les différents quartiers du plateau de la ville nouvelle. Chaque dimanche, on se retrouve dans la rue pour s’entraîner, pour échanger et s’exercer à la pratique de ce sport de combat qui peut aussi engendrer de belles rencontres, de vraies amitiés.

Innover : c’est ce qu’il a fallu faire, reconnaît Bruno Chicherie, le président du club. Pandémie oblige, les responsables du club ont dû se réinventer car il n’était plus possible de pratiquer le sport en salle, plus envisageable de se toucher alors que la boxe est un sport de contact. L’absence de sacs pour la frappe, l’absence de ring ont donné quelque peu le tournis à certains. Pour d’autres, ce redémarrage à zéro a été le déclencheur.  Le street boxing est né de cette absence de matérialisation.

C’est donc dehors que tout se passe depuis désormais une année. Mais c’est quand même plus facile à dire qu’à faire, admet un entraîneur pédagogique.  Difficile de trouver des repères sur un terrain de basket. Alors, l’équipe du club a acheté des échelles de sol ainsi que des plots pour délimiter les surfaces de travail. « On a beaucoup mis l’accent sur la technique, à défaut de combats dans des conditions normales. Gestuelle, déplacements (un peu comme au basket d’ailleurs), coordination : les élèves  se sont lancés dans le shadow boxing, où l’on se bat contre un adversaire fantôme, une sorte de boxe virtuelle », relate Bruno Chicherie.

Les élèves du club de Rillieux ont entre 8 et 50 ans, des hommes et des femmes
Les élèves du club de Rillieux ont entre 8 et 50 ans, des hommes et des femmes © France 3 Rhône-Alpes

Même sous la neige, les élèves sont descendus au pied des immeubles

Quelle que soit la saison, sous la pluie ou même la neige, les élèves étaient au rendez-vous. Au fil des semaines, les jeunes ont adhéré à ce projet un peu hors normes. « Et puis certains, surpris au début, ont trouvé ça génial : un bon moyen de se défouler en période de confinement, au pied des immeubles »,  se souvient Azzedine Zitouni, le directeur technique du club.

Côté dirigeants et animateurs du club, le sentiment, après un an de sport dans la rue est plutôt positif. Le retour, avec l’inscription d’une cinquantaine d’élèves de 8 à 50 ans, montre que cette démarche répondait à un réel besoin. Besoin sportif, mais également social. « Vis-à-vis des enfants et des jeunes, au-delà de l’aspect sportif, des valeurs du sport, des règles de vie en commun, de ce qu’apporte la compétition, notre ambition est de les accompagner dans leur scolarité, dans leurs projets professionnels, dans leurs difficultés… », souligne Azzedine Zitouni. La boxe comme une colonne vertébrale pour tenir et se tenir droit.

Affilié à la Fédération Française de Boxe, le club de Rillieux a cependant un souhait qui, jusqu’à présent, ne trouve pas d’écho : un local pour abriter l’association. Car depuis de longs mois, ses membres n’ont plus accès à la salle polyvalente de la ville. Quatre murs et un toit, voilà tout ce qu’ils demandent. 

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