Témoignage. "Mon cheval m'a donné une raison de vivre", Béatrice de Lavalette, cavalière survivante des attentats de Bruxelles

Publié le Écrit par Marie Bail et Camille Le Pape

La cavalière franco-américaine Béatrice de Lavalette revient sur son parcours pour participer aux Jeux Paralympiques de dressage de Paris en 2024. Un rêve qui lui a permis de poursuivre sa reconstruction après le drame des attentats de Bruxelles il y a bientôt huit ans.

Le 22 mars 2016, Béatrice de Lavalette est à l’aéroport de Bruxelles. La jeune femme, franco-américaine, attend un vol pour les Etats-Unis quand une des trois bombes explose à quelques mètres d'elle, à l'aéroport de Zaventem.

La déflagration lui coûte ses deux jambes, son corps est brûlé à 35 %. Elle passe plusieurs mois à l'hôpital universitaire de Louvain en Belgique.

"J’étais dépressive, je ne voulais plus vivre. Je n'avais que 17 ans et plus de jambes mais voir mon cheval en personne me reconnaître, même sans cheveux et sans jambes, cela m’a donné de l’espoir", témoigne la jeune femme devant le public du salon équestre Equita Lyon où elle intervenait le 4 novembre.

"Témoigner que c'est possible de remonter cheval après une telle expérience, c'est vraiment important pour moi, d’autant plus que ça peut aider d'autres personnes.", renchérit Béatice.

Sa relation avec sa jument l'a sauvée et lui a permis de poursuivre son rêve. "Comprendre un cheval ce n'est pas seulement monter sur le dos de l'animal c'est avoir une relation avec. Et la relation entre humains et cheval, il n'y a rien de mieux.", sourit la jeune femme.

Objectif JO 2024

Dans sa chambre d'hôpital, la cavalière n'a qu'une idée en tête : remonter à cheval. Cinq mois après, elle parvient à se hisser sur sa jument de l'époque.

Même en soins intensifs, elle se fixe l'objectif de se qualifier pour les Jeux paralympiques de Tokyo. Un exploit qu’elle réalise à l'été 2021.

"C’est quelque chose qui m’a vraiment poussé à recommencer une vie normale. Ça représente tout, tout mon boulot tout ce que je fais. C'est ma raison de vivre", affirme-t-elle. La jeune cavalière a accompli un énorme travail de rééducation et de musculation pour poursuivre sa passion, en compétition de haut niveau.

"Je n'ai aucune sensation sous le nombril donc me tenir correctement sur un cheval c'est difficile car j'avais tendance à me baisser en arrière mais aujourd'hui je peux m'asseoir en étant droite.", explique fièrement Béatrice.

Si la Franco-américaine réussit à passer les présélections, elle pourra rejoindre Paris-2024 et ses épreuves de paradressage, programmées dans le décor majestueux du parc du château de Versailles.

Comme à Tokyo, ce ne sera pas sous la bannière tricolore que Béatrice Lavalette concourra, mais pour l’équipe américaine.

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