TER en Auvergne-Rhône-Alpes : ponctualité, trains annulés, fréquences, que disent les chiffres ?

En Auvergne-Rhône-Alpes, chaque jour, environ 220.000 personnes voyagent grâce à 1.500 TER. Dans la cadre de l’ouverture à la concurrence du réseau TER, la Région a confirmé la SNCF comme exploitant pour encore 10 ans, le délai maximum autorisé.

La région Auvergne-Rhône-Alpes a signé, jeudi 15 février, une nouvelle convention avec la SNCF qui va continuer à exploiter les TER sur le territoire sur les dix prochaines années. En 2033, la mise en concurrence avec des opérateurs privés sera une obligation.
Même hors période de grève - comme c'est le cas à l'occasion des vacances d'hiver - le bon fonctionnement des TER repose sur un équilibre fragile multifactoriel. SNCF, Région et associations d'usagers ne font pas tous le même constat.

La ponctualité stagne

Matériels vétustes, manque de rames, nœud ferroviaire lyonnais, les problèmes sont nombreux sur le réseau régional. Côté ponctualité, on note une dégradation ces deux dernières années mais les chiffres restent stables. Selon les chiffres de la SNCF, moins d’un TER sur 10 est en retard en moyenne sur l'ensemble du réseau. 

Ces chiffres qui sont des moyennes cachent une grande disparité entre les lignes : au palmarès des lignes les moins ponctuelles : Lyon-Genève, Lyon-Valence-Avignon, Lyon-Grenoble, Lyon-Mâcon ou Lyon-Clermont.

Annulations et nombre d'usagers en hausse

Au niveau de l’annulation des trains, le service s’est plutôt détérioré. Près de 3 % des TER ont été annulés l’an dernier, contre moins de 2 % en 2018. Ce sont donc des dizaines, voire des centaines de trains en plus supprimés.

Dans le même temps, le nombre des voyageurs quotidiens est en hausse (200 000). En 5 ans, il a augmenté de 14 % pour atteindre des niveaux records, supérieurs à ceux de l’avant Covid. Précisions que 42 % des usagers sont des abonnés, qui font le trajet domicile travail.

Lyon Saint-Etienne, par exemple, est l’une des lignes TER les plus empruntées de France. L'offre s'est étoffée avec environ 35 000 trains qui circulent chaque mois contre 28 000 avant le Covid. 

Selon Bruno Marchesini, Président de l'association AuterVR, les causes sont multiples. "L'État ne donne pas le signal pour investir sur les trains, la Région tarde à acheter des rames et la SNCF n'arrive pas à embaucher du personnel de maintenance".

Une pression augmentée de la Région sur la SNCF

La région Auvergne-Rhône-Alpes, qui finance le transport à hauteur de 600 millions d'euros par an, a mis en un système de malus pour sanctionner les défaillances de l'opérateur qu'elle a confirmé dans la nouvelle convention.

"L'idée, c'est de dire : si le train n'est pas là, je ne paie pas" annonce Laurent Wauquiez. "L'objectif est d'être beaucoup plus exigeants. Si le train est annulé même une semaine avant, l'usager est pénalisé et donc je refuse de payer de la même manière. Si le train est annulé le jour même, on a des pénalités beaucoup plus exigeantes. Si on est sur des lignes où la régularité est catastrophique, on met des malus supplémentaires sur la SNCF".

Autre point de friction, en plus d'arriver à l’heure, les TER vont devoir éviter l’actuel train-train quotidien des rames bondées et absorber la hausse continue du nombre de voyageurs. Sinon, là encore, la SNCF sera soumise à de nouvelles pénalités. Christophe Fanichet a annoncé 19 nouvelles rames, soit un potentiel de 7 0000 voyageurs quotidiens en plus très rapidement. "L'ambition est d'avoir plus de voyageurs, 230 000 aujourd'hui, 300 000 demain" indique le PDG de la SNCF. 

Sur cette question de l'emport, Bruno Marchesini, Président de l'association AuterVR précise que c'est la région qui fournit les wagons à la SNCF, "donc le nombre de places, c'est elle qui le fournit". À l'heure actuelle, il annonce un emport inférieur à 2019 qui fait que, "tous les jours, des usagers restent sur le quai, faute de pouvoir monter dans leur train, bondé".

Les pénalités ont atteint les 10 millions d’euros par an. C'est une Pression accentuée par la mise en concurrence avec la possibilité de voir arriver sur les rails régionaux de nouveaux opérateurs dès 2029.