Mort de Jadhen : l'institutrice condamnée à un an de prison avec sursis à Villefranche sur Saône

La maîtresse d'école qui a donné des crêpes à un de ses élèves, allergique au lait, a été condamnée ce mardi à douze mois de prison avec sursis pour homicide involontaire après la mort du petit garçon de 6 ans en mars 2018.
La mère de Jahden à son arrivée au palais de justice de Villefranche sur Saône
La mère de Jahden à son arrivée au palais de justice de Villefranche sur Saône © Richard MOUILLAUD/MAXPPP
Jadhen, 6 ans, est mort après avoir mangé des crêpes lors du carnaval organisé dans son école. L'enfant, allergique au lait, a fait un choc anaphylactique fatal.
Son institutrice a comparu ce mardi 15 septembre pour homicide involontaire devant le tribunal correctionnel de Villefranche-sur-Saône.
Le procureur avait réclamé huit mois de prison avec sursis. Le tribunal correctionnel de Villefranche-sur-Saône est allé au-delà des réquisitions du parquet. La justice  a estimé que la maîtresse avait été suffisamment informée des problèmes d'allergie de la victime et l'a condamnée à un an de prison avec sursis.

"Tolère les traces." Trois mots que l'institutrice, condamnée, dit avoir mal interprétés en autorisant un de ses élèves, allergique au lait, à manger des crêpes. Il en était mort peu après. L'enfant, également asthmatique, avait pourtant fait l'objet d'un projet d'accueil individualisé (PAI) spécifiant ses troubles de santé et les consignes à suivre en cas de problème. La portée de ce document écrit, conservé dans la classe, a été au coeur du procès de Danielle Dampfhoffer, 59 ans, poursuivie pour homicide involontaire devant le tribunal correctionnel de Villefranche-sur-Saône. "A la lecture de ce PAI, celle qui avait la garde de l'enfant aurait dû être alertée", a insisté le procureur.

"Je veux que justice soit rendue à mon fils. Elle savait très bien pour son allergie",

a abondé la mère de Jahden, en pleurs à la barre. 
"Des regrets, j'en ai tous les jours. Je me sens tellement coupable", a glissé la prévenue, sanglotant elle aussi. Tout en martelant qu'à l'époque, elle n'était pas suffisamment informée des dangers encourus par la victime. "On n'a pas eu de réunion formelle, autour d'une table, pour parler du PAI. L'infirmière me l'a expliqué vaguement comme ça", a relevé Mme Dampfhoffer.
L'argument n'a convaincu ni la partie civile, ni le tribunal qui a condamné l'enseignante, déjà sanctionnée administrativement, à 12 mois de prison avec sursis. La peine encourue était de trois ans ferme.
 
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