80 ans après le bombardement de Chambéry, un abri antiaérien va rouvrir ses portes au public

C'était il y a 80 ans : le 26 mai 1944, Chambéry était bombardée par les Américains, quelques jours avant le Débarquement de Normandie. Pendant la Seconde Guerre mondiale, plusieurs abris antiaériens ont permis à la population de se protéger. Après d'importants travaux, l'un de ces refuges va bientôt rouvrir aux visites.

Le 26 mai 1944, 710 bombes américaines sont larguées sur Chambéry (Savoie). À quelques jours du Débarquement de Normandie, les troupes alliées visent les chemins de fer pour bloquer la circulation de l'armée nazie. La gare de la ville est détruite, et près d'un tiers des immeubles du centre-ville est rasé.

Le bilan humain est lourd : 200 civils sont tués, 300 blessés et 3 000 personnes se retrouvent sans toit. Les plus chanceux ont eu le temps de se réfugier dans l'un des abris antiaériens de la ville. L'un d'entre eux, tombé dans l'oubli après la Libération, va bientôt rouvrir ses portes au public, 80 ans après.

Menacés par des "alertes au gaz"

Construit à la hâte en 1938, à l'initiative du maire de l'époque Albert Perriol, l'abri se trouve en plein centre de Chambéry. Il faut d'abord passer une porte discrète pour plonger à une dizaine de mètres de profondeur. Sous terre, quelques vestiges sont encore visibles : ici un tonneau rempli de chaux, qui servait à l'époque de désinfectant, là une chaussure en mauvais état.

"On craignait surtout les alertes au gaz. Et si ça avait été le cas, vous aviez un rideau de produits neutralisants qui filtraient l’air, raconte Jacques Viout, vice-président de la société des amis du vieux Chambéry. L'air repartait par ces grosses conduites qui distribuaient l’air frais et purifié à l’intérieur de l’abri.”

Un patrimoine apprécié du public

Dans cet abri qui a sauvé des vies, les racines et les gouttes d’eau se sont frayées un chemin dans la roche. Les portes, blindées, pouvaient à l’époque rendre l’abri hermétique, et un système de filtration de l’air permettait de respirer.

Avant d'accueillir des visiteurs, d'importants travaux de désamiantage et de déblaiement, ont été réalisés, pour rendre le site accessible au public, car il y a une véritable demande. "On le voit par exemple avec les scolaires qui nous disent : 'Mon grand-père, ma grand-mère m’ont raconté pendant la guerre...' Les enfants veulent absolument voir les endroits où se sont passés ces faits", explique Jacques Viout.

Les visites devraient pouvoir se faire par groupe d'une vingtaine de personnes. Pour l'heure, la date de réouverture du site n'a pas été précisée. Quelques détails requièrent encore l'attention des constructeurs. Selon le ministère des Arméesles lieux de mémoire des conflits contemporains ont enregistré 11,4 millions d’entrées en 2022. Un chiffre en hausse de 87 % par rapport à l’année précédente.

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