Environ 80 caravanes appartenant à une communauté d'évangélistes sont arrivées hier soir vers 20h sur le stade rugby de la Ravoire. La municipalité a mandaté un huissier ce matin pour faire les constatations afin d'établir un dossier visant à déclencher un ordre d'expulsion.
Alors qu'une aire de grand passage devait être livrée ce 15 juin sur la commune de La Ravoire, les travaux ont pris du retard pour plusieurs raisons.
D'abord, le terrain appartient à 50 propriétaires différents, il a fallu en exproprier deux ou trois. Et puis, il y a eu les gros orages. L'eau, l'électricité et la citerne pour la vidange des eaux usées ont été installés mais le sol est détrempé et instable. Il va donc falloir poser une géogrille pour renforcer le terrain par endroit.
Le chef de chantier parle d'une livraison début juillet. Mais d'après Fernand Delage, président de l'association France Liberté Voyage et médiateur agrée auprès du Conseil de Europe, "il ne sera pas pratiquable cet été".
L'aire de grand passage de La Ravoire n'étant pas terminée, une mission évangéliste s'est installée avec près de 80 caravanes sur le stade de rugby de La Ravoire. Avant d'arriver, ils ont appelé le médiateur de Chambéry Métropole pour savoir s'il y avait un terrain libre. D'après la mairie, il y avait de la place sur celle de Voglans mais ils ne voulaient pas s'y installer.
Reportage de Céline Aubert-Egret, Dominique Bourget et Pierre Maillard
La mairie a mandaté un huissier ce matin pour faire les constations. Le dossier doit partir en référé au TGA (terrain communal), pour un ordre d'expulsion à jeudi a priori.
Si l'aire de grand passage de La Ravoire n'est pas encore terminée, deux autres aires de passage seraient à l'étude à Albertville et Montmélian, car en Savoie les besoins sont importants. La Ravoire est confronté aux envahissements sauvages 2 à 3 fois par an.
Les députés votent le renforcement des pouvoirs des préfets pour la construction d'aires d'accueil
Les députés ont voté dans la nuit du mardi 9 au mercredi 10 juin la suppression du livret de circulation imposé aux gens du voyage, ainsi que le renforcement des pouvoirs des préfets pour la construction d'aires d'accueil, un point vivement contesté par l'opposition.
Le texte favorise aussi une diversification des terrains d'accueil des gens du voyage, avec notamment le développement des terrains familiaux locatifs pour ceux qui souhaitent se sédentariser.
Enfin, pour lutter contre les occupations illicites de terrains par les gens du voyage lorsque existent des aires d'accueil, la proposition de loi prévoit que la mise en demeure d'un préfet contre une occupation illicite continuera de s'appliquer si les intéressés procèdent à un nouveau stationnement illicite dans un délai de sept jours.
Elle réduit aussi à 48 heures, contre 72 heures actuellement, le délai laissé au tribunal administratif pour statuer sur un recours déposé contre une mise en demeure.
"Aujourd'hui, il est temps de reconnaître que les voyageurs sont des citoyens", a souligné Dominique Raimbourg, en rappelant "l'histoire souvent sombre" qu'a connue cette population en France.
Cette proposition de loi, a-t-il résumé, réalise "ce qui est le plus noble dans l'art de la politique : faire vivre ensemble des gens différents". La ministre du Logement, Sylvia Pinel, a apporté le soutien du gouvernement à un texte qui "renforce les droits et les devoirs des uns et des autres".
A l'inverse, pour Yannick Moreau (Les Républicains), les mesures votées "ne font qu'alléger les devoirs des gens du voyage envers les communes quand celles-ci sont contraintes à des efforts administratifs et financiers toujours plus importants".
Sa collègue Annie Genevard a accusé le gouvernement et la majorité de "stigmatiser les élus locaux", obligés de "réparer et reconstruire ce qui a été cassé, détruit, démoli, chaque année, dans les aires d'accueil". "Vous vous préparez à une colère dont vous n'avez même pas idée", a-t-elle lancé en évoquant les futures réactions des élus locaux à la consignation de leurs fonds.
Sans s'opposer sur le principe à la suppression du livret de circulation, Annie Genevard a estimé que ne pas le remplacer aboutissait à faire, d'un point de vue administratif, des gens du voyage des personnes "sans domicile stable".