Chambéry : Greenpeace colle des affiches pour demander plus de repas végétariens dans les cantines, le maire leur répond

Les militants ont collé des affiches sur les murs de la mairie de Chambéry. / © Greenpeace
Les militants ont collé des affiches sur les murs de la mairie de Chambéry. / © Greenpeace

Des militants Greenpeace ont collé des affiches sur la mairie de Chambéry pour demander au maire plus de repas végétariens dans les cantines scolaires. Ils ont été surpris par la police municipale. Le maire leur répond.

Par Martin Vanlaton

"Monsieur le Maire, soyez chou avec le climat, réduisez la viande à la cantine." Les slogans, parfois sur des affiches, parfois directement écrits à la craie sur les murs de la mairie, sont explicites et s’adressent directement à Michel Dantin, maire de Chambéry.

L’association écolo espère avec cette action sensibiliser sur le lien existant entre urgence climatique et surconsommation de viande. Les militants de Greenpeace demandent l’instauration d’un repas végétarien hebdomadaire supplémentaire dans les cantines de la ville et une viande de meilleure qualité, produite localement.

Dans un communiqué, Greenpeace affirme qu’en assurant un menu végétarien hebdomadaire supplémentaire, "la ville de Chambéry réduirait les émissions de gaz à effet de serre de ses cantines scolaires de 73 tonnes équivalent CO2/an, soit une diminution de 16%. Cela correspond à 355 allers-retours Lille-Marseille en voiture."
 

Le maire leur répond


Contacté, le maire de Chambéry Michel Dantin (LR) dénonce une "démarche aveugle, militante et infondée (…) sans même se soucier des réalités." Car il affirme que la municipalité de Chambéry est l’une des villes de France qui propose des menus végétariens dans les cantines scolaires depuis plusieurs années déjà.
 
Les affiches ont été collées sur les murs de la mairie de Chambéry. / © Greenpeace
Les affiches ont été collées sur les murs de la mairie de Chambéry. / © Greenpeace

"Dans chaque cantine scolaire de la ville, chacun peut choisir un repas avec ou sans viande. Ce sont les familles qui inscrivent leur enfant à ce programme. A ce jour, environ 30% des familles ont choisi les repas sans viande" affirme Michel Dantin. Le maire affirme aussi que le pourcentage de bio et de local augmente d’années en années dans les cantines de la ville, dans le cadre de la délégation de service public. "Mais un repas sans viande ne correspond pas à un repas végétarien, car il peut y avoir du poisson" rétorque l'association, qui concède quand même une diminution du nombre de repas servis avec du poisson par rapport à l'année dernière dans les cantines de la ville. 

Le site de la municipalité indique qu’"une fois par période, un menu végétarien est partagé par tous." Trop peu pour l'association, qui prend exemple sur la ville de Grenoble et ses deux repas végétariens hebdomadaires pour tous.
 

Les colleurs surpris par la police municipale


Il est environ 23 heures vendredi 7 novembre lorsqu’une douzaine de militants de l’association collent une cinquantaine d’affiches sur la mairie de Chambéry. La police municipale les surprend alors, et relève l’identité des colleurs. Les faits ont été signalés au parquet et les militants ont ensuite retiré les affichettes. Des agents municipaux ont ensuite effacé les tags (à la craie).

Le maire de Chambéry attend des excuses publiques du comité départemental de Greenpeace et le remboursement du coût de l’intervention des services techniques, sans quoi la municipalité portera plainte. Nous n’avons pour l’heure pas réussi à joindre Greenpeace.

Une action nationale

Cette action s’inscrit dans une démarche nationale, et l’association n’a pas choisi la date au hasard. Depuis le 1er novembre 2019, la loi Egalim est entrée en vigueur ainsi que l’expérimentation du menu végétarien à proposer en option dans les cantines. Les municipalités de Nantes, Lyon, Poitiers ou encore Paris ont eux aussi eu droit à leurs affiches.

Sur le même sujet

Les + Lus