Le nombre de loups en France évalué à 921 individus, une estimation aussitôt contestée par chasseurs et éleveurs

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Écrit par Antoine Belhassen avec AFP

L'Office français de la biodiversité (OFB) a estimé la population de loups gris à 921 individus en France à la fin de l'hiver 2021-2022, a annoncé ce lundi 27 juin le préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Un chiffre toujours contesté par les différentes parties.

La population de loups gris est estimée à 921 individus à la sortie de l'hiver 2021-2022, a annoncé ce lundi 27 juin, le préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Plus précisément, la fourchette de loups adultes, espèce protégée en Europe, est estimée entre 826 et 1 016 en France, a précisé l'Office français de la biodiversité (OFB), organisme en charge de cette estimation.

Le loup est un animal sauvage vivant sur de grandes étendues. Sa population ne peut donc être comptée précisément, mais elle est estimée à partir d'indices (observation visuelle, empreintes, déjection...). Cette estimation est contestée par des syndicats agricoles, des éleveurs et des maires de communes rurales. Face aux attaques de loups sur des cheptels, ils estiment le nombre de loups bien supérieur.

Une estimation contestée

"La population lupine était bien sous-estimée", a immédiatement réagi la Fédération nationale ovine (FNO), qui a remis en cause, comme d'autres jusqu'à l'ancien ministre de l'Agriculture Julien Denormandie, la méthode scientifique de l'OFB.

Des syndicats agricoles (FNSEA, JA, FNO, FNB, Chambres d'agriculture) et la Fédération nationale des chasseurs (FNC) parlent d'un "comptage défectueux" et accusent l'OFB de ne pas avoir traité tous les indices de présence.

Cette version s'oppose à celle de nombreuses associations environnementales et de protection des animaux. "La biodiversité est un tout. On en a pris conscience avec la disparition des abeilles. Il faut prendre en compte que c'est un équilibre naturel. L'intérêt pour l'homme n'est pas aussi net que pour les abeilles. Mais d'un point de vue concret, pour la préservation et le renouvellement des forêts, la présence du loup est importante. Si les cervidés et les chevreuils, qui mangent les nouvelles pousses, sont trop nombreux, ils empêchent le renouvellement de la forêt", explique Yves Jorand, administrateur en Savoie de la Ligue de protection des oiseaux (LPO) et de France Nature Environnement (FNE).

Une méthode de comptage

L'OFB, l'office en charge du comptage, forme des gens de terrain pour collecter ces indices et intégrer un réseau de correspondants. Un effort de formation a été fait, avec 385 nouvelles personnes, ce qui a permis d'augmenter le nombre d'indices récoltés, à "4.500 indices de présence (contre 2.600 en 2020 et 3.700 en 2021)", fait savoir le préfet.

Pour 2020-2021, la population de loups gris a été revue. Elle avait été estimée à 624 individus, mais l'OFB a revu à la hausse ce chiffre à 783 loups.

Le nombre maximal de loups pouvant être tués en 2022 s'élèvera donc à 174 individus, contre 118 initialement prévus. Pour cause, un plafond maximal de 19 % de la population limite le nombre d'abattage. "Depuis le 1er janvier 2022, 29 loups ont été décomptés de ce plafond", précise le préfet, en charge de la cohabitation de ce prédateur naturel avec le bétail. 

Le nombre de meutes progresse aussi (+19 en 2020 et +29 en 2021), précise le communiqué. Le loup gris, revenu de lui-même en France depuis l'Italie et essentiellement présent dans les massifs alpins et provençaux, connaît une dynamique démographique favorable depuis 10 ans, avec "un taux de survie de l'espèce satisfaisant et d'une hausse de la reproduction", selon le communiqué. Il a été aperçu jusque dans le Finistère.