Savoie : les internautes au secours d'un apiculteur et ses 50 ruches menacés par la bétonisation

En trois jours, plus de 48.000 personnes ont signé une pétition en ligne pour venir en aide à un apiculteur savoyard qui se bat en vain pour qu’un îlot de biodiversité de 35 hectares de terres cultivables sur lesquelles butinent ses abeilles ne soit pas transformé en bureaux.

Pour laisser place aux nouveau bureaux de la zone d’activité ALP’ARC entre Aiton et Aiguebelle au cœur de la Savoie, les abeilles vont devoir butiner ailleurs
Pour laisser place aux nouveau bureaux de la zone d’activité ALP’ARC entre Aiton et Aiguebelle au cœur de la Savoie, les abeilles vont devoir butiner ailleurs © Fabrice Liégard / France 3 Alpes

La pétition en ligne intitulée "un îlot de biodiversité de 35 hectares de terre cultivable va être transformé en bureaux" est devenue virale. En moins de trois jours, elle a recueilli plus de 48.000 signatures. Les internautes sont sensibles à la situation d'un apiculteur savoyard qui doit déménager ses 50 ruches pour permettre l'extension de la zone d’activité Alp’Arc entre Aiton et Aiguebelle.

Les ruches de Florent Caullireau vont devoir déménager
Les ruches de Florent Caullireau vont devoir déménager © Fabrice Liégard / France 3 Alpes

Le pot de terre contre le pot de fer

Florent Caullireau ne sait plus à quel saint se vouer. Cet apiculteur savoyard, amoureux de la nature et défenseur de la biodiversité a passé des mois à se battre contre le projet d'extension de la zone d'activité Alp’Arc sans succès. Les travaux ont commencé et les arbres devraient être abattus dans les prochaines semaines. Florent est en pleinte dépression. Il a perdu 20 kg. "Tout le monde me dit, Florent ne te rend pas malade pour ça mais je ne peux pas faire autrement" nous explique l'apiculteur d'une voix tremblante d'émotion "on a un concentré des richesses de la Maurienne dans ce sol (...) c'est des siècles d'évolution et si on détruit ça ce sera impossible à recréer".

© Fabrice Liégard - France 3 Alpes

Une situation inadmissible pour sa nièce, une jeune femme très engagée dans la défense des abeilles, qui a décidé d'alerter les médias. De son côté, Camille Etienne, jeune militante écologiste savoyarde, a mis en ligne une pétition. "Encore une fois, on fait passer le profit avant les gens dénonce-t-elle Il faut plusieurs décennies pour que se forme un centimètre d'épaisseur de terre arable. Ces parcelles ont entre 40 et 100cm d'épaisseur de terre arable (...) Ces sols abritent la vie, la biodiversité y est abondante. En plus de leur importance en soi, on en a vitalement besoin."

Des signataires consternés

Alors qu'un pré-rapport alarmant du Giec (le groupe d'experts de l'Onu sur le climat) vient de sortir, la pétition mise en ligne par la nièce de l'apiculteur est rapidement devenue virale. Les internautes sont consternés : "je signe parce que autant de gaspillage d'espaces naturels et de terres agricoles, avec tous les discours qu'on a sur l'artificialisation de sol, c'est insupportable !" écrit par exemple Christine B. Tandis que, Marc C. ajoute "n'y a t'il donc pas assez de friches industrielles dans les environs, plutôt que de bétonner encore et encore". Serge J. résume de son côté : "il faut lutter contre la bétonisation des sols, c'est un enjeu vital tous" .

Cette pétition fera-t-elle bouger les choses ?

Pour l'instant, rien n'est moins sûr. Alp'Arc qui accueille aujourd'hui 26 entreprises sur 70 hectares ne demande qu'à se développer. La position géographique de Alp’Arc est stratégique : situé le long de l’autoroute A43 sur la route de l’Italie, le parc se trouve à l’entrée des grandes vallées (Maurienne et Tarentaise) et sur la principale liaison entre le sud et l’est de l’Europe.

 Alp’Arc
Alp’Arc © France 3 Alpes

"On est une région attractive, il faut l'assumer tous ensemble explique Jean-Claude Montblanc, président du syndicat mixte "Alp'Arc" et en même temps on a un scot (ndlr : schéma de cohérence territoriale) qui est très très très vertueux et on n'oppose pas la protection de l'environnement avec le développement". Jean-Claude Montblanc l'assure, l'apiculteur trouvera un emplacement pour ses ruches sur le site "il va y avoir de l'espace naturel propre sur le parc d'activité (...) il y a de la place pour tout le monde".

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