VIDEO. Dans les Bauges en Savoie, une exploration spéléo... vécue de l'intérieur !

Les spéléologues sont parmi les derniers explorateurs de la planète. Ils fouillent le monde d'en-dessous, en grande partie encore vierge. Mais comment trouvent-ils leur chemin dans l'inconnu ? Nous avons suivi sous terre les passionnés de l'Association Spéléologique Aix-les-Bains Le Revard. 

Moins 150 mètres sous terre
Moins 150 mètres sous terre © Nicolas Baudier

Pourquoi prendre le risque de se perdre dans les entrailles de la Terre, dans l'obscurité et le silence ? Quelle est donc cette soif d'aventure qui pousse les spéléologues à s'aventurer toujours plus profond ?

 

© Nicolas Baudier

 

Et comment trouver son chemin dans l'inconnu, quand tous nos repères s'évanouissent, quand le temps s'arrête ?

 

L'exploration : une aventure 

 

Pour essayer de répondre à ces questions, nous avons tenté l'aventure. En accompagnant sous terre les passionnés de l'Association Spéléologique Aix-les-Bains Le Revard, l'ASAR.

Ces spéléos explorent depuis des années le sous-sol du massif des Bauges en Savoie. Ils nous ont emmené à la découverte d'un "trou" étonnant.

Perdu au fin fond de la forêt enneigée. On aurait très bien pu passer juste à côté sans le savoir. 

 

Le "trou" que nous allons explorer : on aurait très bien pu le rater !
Le "trou" que nous allons explorer : on aurait très bien pu le rater !

 

Yannick Decker, notre guide, directeur administratif de la Fédération Française de Spéléologie, et président du club local, l'ASAR, nous explique comment les spéléos ont découvert ce trou. 

"C'est le courant d'air chaud qui révèle l'entrée du gouffre. Le courant d'air, venu des profondeurs, réchauffe la neige tout autour du trou et la fait fondre. Dans le trou, il fait environ 10 degrés. En surface, il fait beaucoup plus froid, bien en dessous de zéro !"

 

Claustrophobes s'abstenir !

 

L'aventure va pouvoir commencer. Maintenant, il s'agit de s'équiper, de s'encorder pour descendre en rappel. Le début sera le plus dur. 

Il faut se contorsionner pour traverser un très étroit boyau. Jugez-en par vous-mêmes...

 

durée de la vidéo: 01 min 23
Les 60 premiers mètres : un défi !

 

Quand il descend dans la cavité, le spéléologue suit le chemin de l'eau. Elle s'est infiltrée dans le calcaire depuis des centaines de milliers d'années. Elle a grignoté la roche, creusé des galeries innombrables. 

Après une bonne heure de contorsions, Yannick nous rassure : "on va déboucher dans le puits, enfin du gros!" Du gros, en langage spéléo, ça veut dire que la cavité s'élargit. Nous allons pouvoir bouger un peu plus librement.

 

Le spectacle des profondeurs

 

C'est l'accès au spectacle des profondeurs. Une beauté presque inaccessible, rarement contemplée. Une autre planète.

C'est notamment pour ce spectacle que les spéléos explorent "le monde d'en-dessous".

 

Nicolas Baudier a mis en lumière cette magnifique galerie. Au premier plan, mon collègue caméraman Dominique Bourget et moi-mêmes savourons le spectacle si durement acquis. Derrière nous, notre guide, Yannick Decker, spéléologue averti, qui a participé à la découverte de cette cavité.
Nicolas Baudier a mis en lumière cette magnifique galerie. Au premier plan, mon collègue caméraman Dominique Bourget et moi-mêmes savourons le spectacle si durement acquis. Derrière nous, notre guide, Yannick Decker, spéléologue averti, qui a participé à la découverte de cette cavité. © N. Baudier

 

Pour contempler stalagtites, stalagmites, fistuleuses, des concrétions plus improbables les unes que les autres, il leur a fallu dix ans. Dix ans pour parcourir les soixante premiers mètres de ce gouffre. 

Pour dégager les roches qui barraient leur chemin. A la main, au marteau, au perforateur. En se passant les blocs l'un après l'autre pour les entreposer dans des culs-de-sac. 

En exploration, les spéléos forment alors une véritable chaîne humaine. Symbole de l'esprit de camaraderie qui caractérise leur pratique. 

 

Explorateurs et cartographes

 

Pour ne pas se perdre dans ce labyrinthe de pierre, les explorateurs dressent des cartes, où ils dessinent, mètre après mètre, le chemin parcouru. Ils baptisent leurs découvertes de noms évocateurs : "la galerie du coeur battant", "l'étroiture du vent mauvais", "la plage abandonnée"...

 

Yannick nous montre la carte "topo" qu'il a dressé au fur et à mesure de l'exploration
Yannick nous montre la carte "topo" qu'il a dressé au fur et à mesure de l'exploration

 

En fait, cette aventure de l'exploration, c'est une quête. Les spéléos cherchent l'eau, la rivière qui a creusé ce dédale minéral.

Une rivière permanente, qui collecte tous les petits ruissellements. Quand ils la trouvent, c'est la garantie de kilomètres de galeries à découvrir encore.

"D'aller là où aucun autre être humain n'a encore mis les pieds, pour nous, c'est le Graal !" s'exclame Yannick, des étoiles plein les yeux. 

Découvrez tout notre périple dans le reportage complet

durée de la vidéo: 06 min 53
Notre reportage complet sur l'exploration : 7 minutes d'aventure !

 

Dans le massif des Bauges, les spéléos ont déjà découvert environ 250 kilomètres de galeries souterraines.

Et, selon Yannick Decker, il en reste encore... pour plusieurs générations !

 

© Nicolas Baudier

 

 

 

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