Le transfert de l'hélicoptère de la sécurité civile du Puy-de-Dôme pour la Lozère fait polémique

L'information a été officialisée dans un tweet de la préfète de Lozère mercredi 24 juin : l’hélicoptère de la sécurité civile Dragon 63, basé à Aulnat dans le Puy-de-Dôme, sera affecté à Mende tout l’été. De nombreux élus auvergnats dénoncent cette décision.
 

L'hélicoptère de la sécurité civile Dragon 63 sera basé cet été à Mende à Lozère et non plus à Aulnat dans le Puy-de-Dôme.
L'hélicoptère de la sécurité civile Dragon 63 sera basé cet été à Mende à Lozère et non plus à Aulnat dans le Puy-de-Dôme. © Aurélie Albert / FTV

La nouvelle se murmurait depuis quelques jours. Elle est devenue officielle par un tweet de la préfète de la Lozère mercredi 24 juin. L’hélicoptère de la sécurité civile Dragon 63, basé à Aulnat dans le Puy-de-Dôme, sera affecté tout l’été à Mende. La préfète écrit : « La préfète Valérie Hatsch confirme l’arrivée du Dragon 48 le 1ᵉʳ juillet 2020 en Lozère comme l’avait assuré le DGSCGC lors d’un rendez-vous à Paris sur ce dossier. Succès partenarial avec les élus, que la préfète réunira pour travailler au maintien du Dragon 48 à l’année ».

Une lettre adressée au ministre de l'Intérieur

Une annonce qui a provoqué la colère de nombreux élus auvergnats. Parmi eux, Claude Riboulet, président UDI du Conseil départemental de l’Allier, a écrit au ministre de l’Intérieur une lettre cosignée par les présidents des Conseils départementaux du Puy-de-Dôme et du Cantal, afin de faire part de son incompréhension. Il précise : « Dans cette affaire, on peut comprendre que la Lozère ait un problème et qu’il fallait remplacer l’avion qui s’était crashé. Mais que l’on ait appris par la bande, sans aucune consultation, que Dragon 63 allait migrer d’Aulnat à la Lozère, c’est inacceptable. Les besoins de Dragon 63 sur le territoire auvergnats ne sont pas une vue de l’esprit mais une réalité. Il en va de la sécurité et de la capacité d’intervention rapide pour sauver les habitants auvergnats. Depuis très longtemps, les collectivités, par le biais des SDIS, ont formé nos sapeurs-pompiers et les équipes du GRIMP pour qu’ils soient capables d’intervenir en mode aéronef et hélitreuillage. C’est ça la spécificité de Dragon 63. Hélismur n’est pas équipé pour intervenir dans des situations dites compliquées. Déshabiller Pierre pour habiller Paul est irresponsable en termes de sécurité des populations auvergnates et bourbonnaises ».

Un mode de communication qui a choqué

Il ajoute : « On apprend hier, par Twitter, que la préfète de la Lozère a officialisé l’arrivée de Dragon 63, en osant l’appeler Dragon 48. On est où là ? ». Un mode de communication qui a également choqué Jean-Paul Dufrègne, député PCF de l’Allier. Il explique sur Twitter : « Madame la Préfète de Lozère se félicite de l’arrivée de l’hélicoptère Dragon 63 dans son département et parle de Dragon 48. Scandaleux, honteux ! Véritable coup de poignard pour les urgences de l’Allier !! Qu’en pensent les Préfètes 03 et 63 ? ».
 

Bénédicte Peyrol, députée LREM de l’Allier, critique aussi vivement sur Twitter cette décision : « Les Auvergnats sont ravis de l’apprendre via un tweet. Décision prise sans aucune concertation. Rdv au ministère de l’intérieur pris. Les simples explications seront insuffisantes, il faudra des solutions ».
 

La députée PS du Puy-de-Dôme Christine Pirès Beaune a elle aussi tenu à exprimer son mécontentement sur le réseau social : « Et vous féliciterez-vous Mme la Préfète de la Lozère quand cet été nous aurons un drame par ex dans l’Allier parce que Dragon 63 aura été déplacé en Lozère ! Je n’hésiterai pas à porter plainte contre le ministre de l’intérieur qui autorise ce déplacement ».
 

Elle ajoute : « Dragon 63 est l’archétype de ce que l’on ne doit pas faire, sans aucune concertation. On en a besoin, au quotidien, tout simplement parce que l’on a des massifs montagneux. On ne peut pas le laisser partir. S’il y a un problème en Lozère, ce que je ne conteste pas, il faut que l’Etat le règle autrement ». Le député PCF du Puy-de-Dôme André Chassaigne a lui aussi interpellé le ministre de l’Intérieur sur ce sujet : "Ce projet, s'il venait à se concrétiser, aurait inéluctablement des conséquences dramatiques pour les vicimes d'accident et les personnes dont l'état de santé nécessite un transport aérien".

 

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