Grenoble, seule grande ville française dirigée par les écologistes, va porter plainte pour des dégradations perpétrées en marge de son dernier conseil municipal, marqué une nouvelle fois par des manifestations, a-t-on appris mardi auprès de la ville.
Lundi soir, le conseil municipal dédié au budget 2017 s'est tenu sous protection des forces de l'ordre en raison d'un rassemblement de mécontents, des agents municipaux aux commerçants, protestant contre des orientations de l'équipe d'Eric Piolle (EELV), allant de la fermeture de services publics, dont des bibliothèques, à la modification du plan de circulation ou la gestion des marchés.
Des manifestants ont tenté de s'introduire dans la mairie, repoussés par les CRS déployés. Une porte vitrée coulissante a été brisée, tandis que des gaz lacrymogènes étaient tirés. Aucune interpellation n'a été faite, selon la police. La mairie a annoncé son intention de porter plainte pour "dégradations" et procédait mardi à l'évaluation des dégâts.
Condamnant "bien évidemment" ces violences, le conseiller municipal Matthieu Chamussy (LR) a souligné "une réalité politique": "depuis sept mois, les conseils municipaux se tiennent sous protection policière, c'est du jamais vu, en tous cas à Grenoble!" L'opposant a dénoncé "l'ampleur et la brutalité du plan annoncé (dit de "sauvegarde", qui explique les réactions de défense de gens d'horizons et de sensibilités différentes, dans une ville qui les avait habitués à un minimum de dialogue".
"Stratégie de la tension"
De son côté, la tête de file des socialistes (également dans l'opposition) Jérôme Safar a regretté ce "climat très tendu, unique en France" qui a poussé le groupe PS à "boycotter le propos introductif du maire, pour la première fois depuis le début du mandat". M. Safar a aussi déploré une "stratégie de la tension totalement voulue, pour laisser pourrir la situation" et "lasser les gens afin qu'ils s'éloignent de tout débat municipal". Il a même évoqué une "équipe prête à faire monter artificiellement le FN, pour faire la peau aux partis traditionnels PS et LR".
Le budget 2017 a été adopté par la majorité à l'exception de deux de ses membres qui se sont abstenus (un du Parti de Gauche, l'autre d'Ensemble!). Les groupes d'opposition ont voté contre.