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Et la malédiction s'abattra sur la ville...

© F3 Centre
© F3 Centre

"Et la malédiction s’abattra sur la ville", 3ème opus de David Verdier, renoue avec ses héros castelroussins : le détective privé Paul Kestevan, et l’inspecteur de police Stanislas Tharel. Une aventure pleine de meurtres et de sentiments propice à une lecture d’été en roue libre...

Par B.Henninger

Le mage Nestor Alenga rend visite à la dame de Nohan dans l’espoir qu’elle accepte de prêter sa plume à une série de prémonitions qui le tourmentent : certain que ses visions se réaliseront, le mage voudrait les mettre par écrit afin d’alerter les héritiers du futur...

Plus d’un siècle plus tard, un homme se suicide en se jetant du clocher de la cathédrale de Châteauroux, réalisant la première des prophéties d’Alenga. Cette mort sinistre, est suivie de deux meurtres de jeunes femmes, l’une étranglée, l’autre quasi décapitée par ce qui a semblé être une bête monstrueuse...

Pour son troisième roman, David VERDIER met en scène ses héros récurrents : Châteauroux, bien sûr, le détective privé Paul Kestevan et l’inspecteur de police Stanislas Tharel... cette série intrigue, d’autant plus qu’elle fait respirer au lecteur une ambiance  accrue de mystère.

Cette histoire policière se double d’un second récit, plus « intimiste » où l’on retrouve l’ennemi juré de Paul Kestevan : Dominique Palliser, dit « Le Colonel », qui profite d’un transfert de prison vers Orléans pour prendre la fuite. Tandis que des complices enlèvent Rachel, la jeune femme dont Paul est amoureux. Parenthèse : Paul est en relation avec Rachel depuis un précédent opus, mais nous apprenons que, bien que leur rapport amoureux existe déjà, ils ne se sont encore jamais rencontrés. Il y a une très nette nostalgie dix-neuvièmiste, assez touchante dans la narration. Avec la belle Rachel en otage, Dominique Palliser s’assure ainsi de la neutralité de celui qu’il considère comme son pire ennemi et il va dès lors œuvrer à la réalisation de son principal, et mystérieux, objectif.

Une fois mises en place ces deux aventures, le récit vogue de l’une à l’autre, alternant les points de vue et les personnages, accumulant les coups de théâtre autour du mystérieux tueur en série qui semble avoir mis Châteauroux en coupe réglée.

La lecture du roman est aisée, mais le livre souffre de quelques manques : quasi absence de la moindre description, l’enquête est traitée de manière assez impressionniste, le lecteur moderne attend de la police qu’elle soit plus scientifique, plus enquêtrice, alors que la narration nous promène de témoin en suspect, sans qu’une piste semble jamais se dégager clairement. Les personnages sont un peu schématiques, et leurs dialogues également, mais ne boudons pas notre plaisir, c’est du polar, ça se lit bien et c’est très relaxant.

A l’inverse, du côté du méchant, Dominique Palliser, les personnages et les dialogues sont beaucoup plus intéressants, et plus vifs : qu’il s’agisse de Palliser, de sa maîtresse qui hésite entre fidélité et trahison sans même s’en dissimuler, de la prison où est enfermée Rachel et des questions qui se posent sur elles, cet aspect-là des aventures de Paul Kestevan a une profondeur tout à fait agréable.

Pour l’enquête, il y a un petit côté Whodunit à l’ancienne, qui en constitue le charme et le côté désuet, également. L’auteur ne s’appesantit ni sur les meurtres, ni sur leur mise en scène, et a tendance à ellipser les scènes d’actions fortes. Souhaitons que les aventures imaginées par David Verdier se poursuivent et qu’elles gagnent en précision, ce petit côté documentaire qui fait le sel de tant de polars modernes et qui apporterait un piment documentaire bienvenu pour cette intéressante série !


Et la Malédiction s’abattra sur la ville
David VERDIER
La Bouinotte, collection Black Berry

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