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Rejet radioactif dans la Loire : Baupin interpelle Royal

Dans un documentaire diffusé lundi sur Canal+, des révélations font état d'un rejet illégal de plutonium dans l'environnement et passé sous silence. Le député écologiste Denis Baupin a demandé mercredi à la ministre de l'Energie des explications sur ces incidents [mis à jour, 07/05/15].
La centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux, dans le Loir-et-Cher.
La centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux, dans le Loir-et-Cher. © BEP/LA NOUVELLE REPUBLIQUE
L'Etat était-il au courant d'un rejet de plutonium dans la Loire, en 1980, depuis la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux, dans le Loir-et-Cher ? C'est en substance la question posée mercredi par le député écologiste Denis Baupin à la ministre de l'Ecologie, du développement durable et de l'énergie, Ségolène Royal.

Une pratique illégale

Dans un documentaire diffusé lundi sur Canal+, des révélations font état d'un rejet illégal de plutonium dans l'environnement et passé sous silence. Selon ce document, la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux, exploitée par EDF, a connu un incident le 13 mars 1980, conduisant à un rejet de plutonium dans la Loire. Une pratique, illégale à l'époque comme aujourd'hui, reconnue dans le film par Marcel Boiteux, le président d'EDF au moment des faits.

C'est pas bien mais c'est pas grave..."





"C'est quand même pas grand chose. C'est pas bien mais c'est pas grave", estime l'ancien président d'EDF dans le documentaire intitulé "Nucléaire, la politique du mensonge ?".

"L'État était-il informé de ces accidents? A-t-il autorisé des rejets radioactifs dans la Loire et tu l'information?", a demandé le député EELV Denis Baupin, dans une question écrite adressée à la ministre Ségolène Royal.

Les suites juridiques

Le député souhaite connaître "les suites, notamment juridiques, que Mme la ministre entend donner à ces très graves infractions révélées tardivement". A l'époque des faits, EDF était une entreprise à 100 % publique. L'Etat détient encore aujourd'hui 84,5% du fournisseur d'énergie.

Dans un communiqué publié jeudi, l'Observatoire du nucléaire a annoncé qu'elle portait plainte contre EDF et Marcel Boiteux : "Bien que commencés en 1980, il est très possible que ces rejets criminels, qui se sont poursuivis pendant des années, ne soient pas prescrits.", estime l'association écologiste.
La réponse de Ségolène Royal
Suite à la diffusion du documentaire de Canal+, la ministre de l'Ecologie, du développement durable et de l'écologie réagit dans un communiqué.

Ségolène Royal y explique avoir saisi les dirigeants d’EDF actuel et de l’époque et diligenté une enquête du conseil général de l’économie et du conseil général de l’environnement et du développement durable.

La ministre ajoute que cet accident est mentionné dans la base de données des accidents nucléaires en France, sur le site de l'ASN, tout en précisant que "d'importants progrès ont été accomplis en matière de transparence dans le domaine de la sûreté nucléaire".
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