Basket : "C'est une immense fierté d'avoir ce numéro 33 sur le parquet du Prado", retour la carrière hors-norme d'Élodie Gaudin

Après 19 ans de carrière au plus haut niveau du basket-ball féminin, Élodie Gaudin, internationale française qui a passé neuf saisons au Tango Bourges, revient sur sa carrière. Elle assure n'avoir aucun regret.

L'histoire d'amour entre Élodie Gaudin et le Tango est terminée. L'intérieure de 37 ans, qui a passé neuf ans aux Tango Bourges, s'est livrée sur sa carrière, ses souvenirs et sur son futur au micro de France 3 Centre-Val de Loire. 

Le numéro 33 sur le parquet et le numéro de maillot retiré 

Ça m'a vraiment beaucoup ému, c'est quelque chose que je n'avais jamais vu auparavant. C'est fort, très fort en émotions. C'est une immense fierté d'avoir ce numéro 33 sur le parquet du Prado. C'est énorme, grandiose !

Une légende ? 

J'estime avoir eu une très belle carrière. J'ai été chanceuse d'être dans des effectifs très costauds. Je ne me vois pas comme une légende, je garde les pieds sur terre. Ce que j'ai fait, c'est beau mais pour les légendes, c'est plutôt les Céline Dumerc ou Sandrine Gruda. Même si tout le monde me dit que j'en suis une aussi, ça fait chaud au cœur mais je ne me vois pas comme ça, sincèrement. 

Un profil atypique

On me qualifie de joueuse de l'ombre. J'aime le fight, les rebonds, faire des passes décisives. Mon kiff n'est pas de marquer 20 points par match. J'ai un profil atypique, je suis une fighteuse. Si je fais du basket, c'est pour aider mes coéquipières aussi, jouer collectif.  

En Italie, mon coach me demandait de tirer, d'être plus un leader offensif. J'ai essayé, je l'ai fait, j'ai eu des saisons où j'avais dix points de moyenne en Italie. Ce n'est pas quelque chose qui m'éclate. C'était plutôt les contres, les passes, les écrans, la défense, il y a beaucoup de choses au basket ! Je suis plus satisfaite de faire une superbe belle passe décisive que de marquer un panier.

Le début d'aventure à Bourges

Quand je suis sortie de l'Insep, je n'avais jamais joué en professionnel, j'étais le jeune espoir français donc j'ai eu beaucoup de contacts. Beaucoup d'équipes souhaitaient m'avoir dans leur effectif… Et Bourges est arrivé. 

Bourges avec Pierre Vincent, ça ne se refuse pas. Passer par Bourges aide énormément, ça a finalisé ma formation. J'ai joué et eu des responsabilités très jeunes. Ce n'est pas un hasard si je suis revenue ensuite.

L'équipe de France 

J'ai commencé l'équipe de France très jeune. À 18 ans, j'ai été sélectionnée en équipe de France A et j'ai tout de suite eu du temps de jeu. J'enchainais après les saisons de club. J'ai commencé à avoir des problèmes de dos, récurrents, car je ne prenais pas de repos.

Tous les étés, je devais me battre pour ma place. Psychologiquement, c'était très compliqué pour moi. J'ai quand même eu la chance d'être championne d'Europe (2009) puis vice-championne olympique (2012).

Retraite internationale à 27 ans

J'avais déjà vu pas mal de choses. Je n'avais que 27 ans mais une nouvelle génération très impactante à l'intérieur est arrivée. J'ai préféré reposer mon corps pour être plus performante en saison avec mon club.

Je n'ai pas de regrets. L'été, je profitais de ma famille, de mes proches. C'est aussi pour ça, je pense, que j'ai pu aller jusqu'à 37 ans car les étés, je pouvais un petit peu couper avec le basket.

Le final four d'Eurocup durant la saison 2021-2022

Quand on fait 20 ans de carrière, il y a beaucoup de moments marquants. L'année dernière, au Prado, en demi-finale d'Eurocup contre Galatasaray. Devant un Prado plein à craquer, on perdait puis un moment donné on repasse devant et c'est la folie. Les tribunes étaient en feu, j'en avais des frissons. On remporte cette demi-finale puis en finale on explose Venise. C'était vraiment un final de four d'Eurocup extraordinaire.

Mais après il y en a eu tellement ! Il y a eu les JO, les championnats d'Europe, mes premiers titres en Italie. J'ai eu la chance de beaucoup gagner, donc j'ai énormément de souvenirs.

Blessures à répétition

Je n'ai pas eu grand-chose pendant ma carrière mais c'est vrai que depuis que je suis revenue à Bourges, j'en ai eues. On jouait l'euroligue donc c'est impactant physiquement. J'ai eu un problème de bursite au pied. Je ne m'entraînais qu'une heure par jour. J'avais le pied constamment dans la glace. Ça devenait de plus en plus compliqué physiquement.

"Un rêve qui continue"

J'ai fait un bilan de compétences il y a quelques années pour savoir vers quoi m'orienter. J'ai été un peu assistante de l'équipe nationale hollandaise pour voir si le métier d'entraîneur pouvait me plaire. C'était sympa mais ce n'est pas ce que je voulais faire de ma vie. Suite à ce bilan de compétences, le poste de directeur sportif est sorti du lot.

Pouvoir continuer avec Bourges, c'est tout simplement un rêve. J'ai fait toute ma carrière dans le basket, c'est un milieu que je connais très bien. La continuité me va très bien. J'ai joué au basket toute ma vie et je n'ai jamais travaillé...