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Street marketing au Printemps de Bourges : profession “colleur d'affiches”

Les allées du Printemps de Bourges recouvertes d'affiches à l'effigie des artistes du festival. / © C. Mette
Les allées du Printemps de Bourges recouvertes d'affiches à l'effigie des artistes du festival. / © C. Mette

Leurs affiches s'étalent sur le moindre coin de mur disponible, dans toutes les allées du festival. Rencontre avec les "colleurs d'affiches", rebaptisés aujourd'hui "experts du street marketing". Ils sont une vingtaine à oeuvrer chaque jour au Printemps de Bourges, dans l'ombre et dès l'aube.

Par E. Bruzat et C. Mette

Ils travaillent à deux pas des salles de concert sans jamais y entrer et se lèvent à l'aube quand les festivaliers rentrent tout juste de soirée. C'est le paradoxe des experts du "street marketing", anciennement appelés "colleurs d'affiches". En français, dans le texte, on parle de "mercatique de rue" !
 

Premier arrivé, premier servi

Dès 5h du matin, ils traînent leurs chariots garnis de centaines d'affiches dans les allées du festival. À leurs ceintures, agrafeuses, rouleaux de scotch, cordes... Chaque jour au lever du soleil, il faut occuper l'espace donc être efficace. Car la règle qui prévaut en "street marketing", c'est celle du "premier arrivé, premier servi".

Plus on arrive tôt, mieux c'est et plus on a le temps d'afficher correctement : mettre les affiches droites, faire "joli". C'est un métier qui s'est beaucoup professionnalisé. Et il faut bien s'équiper. Mathieu, Tonnerre Productions

Concurrence et respect

Une fois que la concurrence a installé ses affiches, pas question d'afficher par-dessus, question de respect. Il s'agit même d'une règle implicite et bien respectée par tous à Bourges. Car ici, ils sont plusieurs agences et boîtes de production à se partager les grilles, les pans de mur et les poteaux de lampadaires.  
 

5000 affiches par jour

Plus le festival avance, plus la charge de travail est importante. Le jour de la Rock'n'Beat Party (le samedi), les colleurs d'affiches fixent plus de 5000 posters sur les murs. Et une fois l'affichage terminé, il faut surveiller que rien ne s'envole. 

L'enfer pour nous, ce sont les jours de pluie. Car les affiches tombent et la concurrence en profite pour prendre nos places". Mais ça peut aussi être une chance pour nous de nous lever un peu plus tard et de trouver des espaces libres malgré tout. David, agence Street Dispatch

Techniques top secrètes

A chaque agence son équipe de "marketeurs" et ses méthodes. Dans le métier, chacun rivalise d'ingéniosité pour élaborer de nouvelles techniques. Mais pas question de les dévoiler. 

Selon les différents supports, tantôt on procède à du scotchage, tantôt de l'agrafage. Il y a même des gens qui tirent des cordes pour y mettre leurs affiches. Faut avoir de l'imagination et être un peu bricoleur. Mathieu, Tonnerre Productions

En moyenne, chaque colleur s'occupe de communiquer sur 25 artistes différents par jour / © C. Mette
En moyenne, chaque colleur s'occupe de communiquer sur 25 artistes différents par jour / © C. Mette

Taper dans l'oeil des "pros"

Pour ces agences, le Printemps de Bourges est un moment-clé de l'année, à ne pas manquer. Premier festival de la saison, l'événement fait le plein de journalistes et de programmateurs, en quête de talents à dénicher. 

Le Printemps de Bourges, c'est quand même une des plus grosses rencontres professionnelles de l'année dans l'univers des musiques actuelles. Il y a beaucoup de gens qui font leurs courses ici. Et par l'intermédiaire de l'affichage, on peut trouver son bonheur. Mathieu, Tonnerre Productions

Aujourd'hui, seuls les jeunes artistes auto-produits font encore eux-mêmes le travail d'affichage. Mais ils n'aiment pas forcément ça. Alors nous, on a décidé de travailler pour eux. Julie, Apex Prod

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