Colère après des révélations de manipulation du Conseil académique de la vie lycéenne d'Orléans-Tours par le rectorat

Dans une enquête publiée ce samedi 21 novembre, le journal Libération révèle que des membres de l'Education nationale ont manipulé des membres du Conseil académique de la vie lycéenne d'Orléans-Tours lors de mobilisation contre la réforme du bac. Le "Blanquer gate" suscite la colère des syndicats.  

Des lyceéens lors des résultats du bac 2017 au lycée Augustin-Thierry à Blois.
Des lyceéens lors des résultats du bac 2017 au lycée Augustin-Thierry à Blois. © S.Gaudard / MAXPPP
Ce sont des révélations qui ont choqué Olivier Lelarge, secrétaire académique du SNES-FUS, l'un des principaux syndicats d'enseignants du secondaire, pour l'académie d'Orléans-Tours. Dans son édition du 21 novembre, le journal Libération a révélé comment le ministère de l'Education national a manipulé des lycéens membres de Conseils académiques de la vie lycéenne (CAVL), dont celui de l'académie d'Orléans-Tours, pour qu'ils prennent position de manière favorable sur la réforme du bac qui avait soulevé en 2018 une immense mobilisation de mécontentement dans les lycées français.

"De ce qu'il ressort de ces témoignages parus dans Libération, le rectorat de l'académie d'Orléans-Tours a instrumentalisé le CAVL pour que des lycéens formulent une proposition dans laquelle ils se disaient favorables à la réforme. Et dire que nous en tant que syndicat d'enseignants, on avait à l'époque été accusé de manipuler les lycéens", s'offusque Olivier Lelarge, qui a publié sur Twitter un message dans lequel il interpelle directement le rectorat. 
 


"Tu pourras lire toutes les annonations que j'ai porté"

Dans les pages de Libération, Teddy Wattebled, 17 ans à l'époque et membre du CAVL d'Orléans-Tours, raconte comment le rectorat lui avait répondu au sujet d'un communiqué dans lequel il appelait à "un appel au calme" sans pour autant se dire en faveur de la réforme du bac. "Bravo pour ta volonté de bien faire. J'ai lu attentivement ta tribune. Hélas elle comporte à mon avis de très grandes maladresses et ne peut pas être relayée par le CAVL. Tu pourras lire toutes les annonations que j'ai porté", lui avait dit le rectorat, selon les confidences de Teddy Wattebled à Libération. 

Selon le syndicaliste Olivier Lelarge, il convient maintenant de savoir qui au sein du rectorat a ainsi manipulé des lycéens pour leur dire d'adhérer à la ligne politique du ministère. "Avec les autres syndicats, on attend une explication très claire au niveau de l'académie sur cette affaire qui est très grave", conclut-il. Ni le ministère, ni le rectorat de l'académie d'Orléans-Tours ne se sont encore exprimés sur cette affaire. 

Mise à jour du 22 novembre : dans la première version de cet article nous avions attribué par erreur une citation à Teddy Wattebled qui était en fait la déclaration à Libération d'une autre lycéenne. 
 
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