Chartres : un couple condamné à 30 ans de réclusion pour viols, actes de torture et défauts de soins sur leurs enfants

Le palais de justice de Chartres / © Didier Le Pape / France 3 Centre-Val de Loire
Le palais de justice de Chartres / © Didier Le Pape / France 3 Centre-Val de Loire

Les jurés de la cour d'Assises de Chartres ont condamné à 30 ans de prison un couple de Chartrains, jugé pour viols et actes de barbarie sur leurs enfants au terme de 5 jours de procès. 

Par Fabienne Marcel

Le procès de l'horreur s'est tenu à Chartres cette semaine, celui d'un couple, parents de quatre enfants. Depuis lundi 14 octobre, ils étaient jugés pour viols, actes de torture et de barbarie et défauts de soins sur leurs enfants, âgés aujourd'hui de 8 à 14 ans.
 

"On fait les poubelles de l'immeuble pour pouvoir manger"

Au troisième jour du procès, le témoigange de la psychologue à l'origine des signalements de présomption de maltraitance sur les enfants, a été particulièrement poignant comme le raconte nos confrères de l'Echo républicain. En 32 ans d'exercice, elle "n'a jamais eu à traiter un dossier aussi douloureux", a-t-elle témoigné à la barre.
En 2016, elle avait pour mission d'évaluer les quatre enfants, qui venaient d'être retirés à leurs parents et placés dans des familles d'accueil, sur décision de justice. Petit à petit, chacun se confiera à elle. Ils vont d'abord lui confier à quel point ils ont faim chez leurs parents. "Au début, j'avais du mal à croire ce qu'ils me racontaient. J'avais des doutes," relate la psychologue. Puis, au bord des larmes, tout comme certains jurés, la psychologue retrace les viols, que les deux parents ont commis sur les enfants, les violences... "Nous sommes inquiets pour l'avenir de ces enfants", a conclu la psychologue. "Ils sont définitivement abîmés piour la vie."
 

"Trente ans, c'est la mort sociale. Autant le pendre !"

"On cherche à comprendre le fonctionnement qui les a conduits à perpétrer ces actes horribles sur leurs enfants," a ainsi commencé l'avocate générale. Inquiète pour l'avenir des enfants, elle déclare que "pour certains d'entre eux, il y a un risque d'infirmité permanente." S'appuiyant sur les expertises psychologiques des parents qui concluent "à une incapacité d'autocritique à cause de leurs déficiences intellectuelles," elle a réclamé trente ans de réclusion criminelle pour chacun des deux parents "avec vingt ans de période de sûreté et vingt ans de suivi socio-judiciaire à leur sortie de prison."

Pour les avocats de la défense, les réquisitions de l'avocate générale sont disproportionnées. "Trente ans, c'est la mort sociale. Autant le pendre," a ainsi déploré Maître Guillaume Fallourd. "Je sais que mon client n'est pas beau, a-t-il pousuivit. Il n'est pas présentable et il est stupide. Mais il n'avait pas conscience de ce qu'il faisait." Il a rappellé également, que le père de famille contestait les actes de torture et de barbarie.

Maître Jean-François Cabin, l'avocat de la mère, a choisi une approche différente : "Elle est certainement coupable de la plupart des actes qui lui sont reprochés, sauf les actes de torture et de barbarie. Elle voudrait bien reconnaître, mais elle en est incapable."

Le verdict est tombé tard dans la soirée de vendredi. Les jurés de la cour d'assises de Chartres ont suivi le réquisitoire de l'avocate générale. Ils ont condamnés les accusés à 30 ans de prison avec un suivi socio-judiciaire à leur sortie de prison.

 

 

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