Des milliers manifestants ont battu le pavé ce jeudi matin dans les rues d’Orléans, de Bourges, de Tours ou de Châteauroux. Pompiers, policiers, enseignants, ils refusent le projet de réforme des retraites proposé par le gouvernement Philippe.
On a compté environ 10.000 manifestants ce jeudi à Orléans, 3000 à Bourges, 5.500 à Châteauroux. Emmitouflés dans d’épais manteaux et écharpes, ils contestent dans le froid la réforme des retraites et demandent plus de justice sociale.
« On voit bien que malgré les discours qu’on veut nous faire passer on est tous concernés par cette réforme, qu’on soit du secteur public, privé », explique Stéphane Deplobin, secrétaire général de l’Union départementale CGT d’Indre et Loire.
Parmi les manifestants, on croise des retraités, des policiers, des enseignants, des personnels de santé ou même des archéologues.
« Nous on est lycéens, relate Owen Santos, étudiant en première présent dans le cortège à Bourges. On est là contre la réforme Blanquer qui n’est pas aboutie, contre Parcoursup et la précarité des étudiants. Les retraites ça nous concerne tous. Que ce soit les pompiers, les infirmiers, les policiers, qu’on a croisés, tout le monde en a marre et il faut que ça change. »
Les agents de l’éducation nationale sont particulièrement mobilisés. Le taux d'enseignants grévistes s'élève à 51,15% dans le primaire et 42,32% dans le secondaire, a annoncé le ministère. Dans la fonction publique, le calcul des retraites ne devrait plus se faire sur les six derniers mois de carrière mais sur l’ensemble de celle-ci.
« Moi, par exemple, avec la retraite par points je perds 600€ de retraite par mois, explique Sylvie Berger, militante FSU. Déjà qu’on n’est pas bien payés, on commence avec des salaires très très bas. Donc ce n’est pas possible. » selon elle, « On peut maintenir le système actuel en augmentant de 0,2% les cotisations pour le mettre à l’équilibre. »
"On sera là aussi longtemps qu'il faut"
Dans le cortège orléanais, un militant Sud estime : « La réforme que le gouvernement veut mettre en place c’est dans la continuité de ce qui a été fait depuis maintenant plusieurs années. Il y en a marre de la fin des acquis sociaux, on est là parce qu’on veut garder nos acquis. La réforme par points on sait ce que ça veut dire. Si demain on a une baisse du point ça va affecter tout le monde. » Pour lui, c’est sûr : « C’est une grève reconductible. Ça veut dire ce que ça veut dire. On sera là aussi longtemps qu’il faut. »La SNCF a déjà annoncé la suppression de 90% des TGV et de 70% des TER vendredi.