L'Huma cesse sa collaboration avec un dessinateur après un dessin sexiste sur la chroniqueuse Marion Rousse

Tollé pour le journal l'Humanité ce weekend, après la publication d'un dessin qui présentait la chroniqueuse sportive dénudée. 
La chroniqueuse sportive Marion Rousse.
La chroniqueuse sportive Marion Rousse. © LE DAUPHINE/MAXPPP
L'Humanité ne collaborera plus avec le dessinateur Espé et avec l'ancien entraîneur de cyclisme devenu chroniqueur Antoine Vayer, après le tollé suscité par une caricature dégradante de la consultante cyclisme de France Télévisions, Marion Rousse.

Sur cette caricature mise en ligne ce week-end pour accompagner une chronique d'Antoine Vayer, on voit l'ex-cycliste professionnelle interviewer en lingerie et sur un lit le coureur Julian Alaphilippe, qui est son compagnon. La chroniqueuse avait réagi sur son compte Twitter, soutenue par de nombreux internautes.   Le dessin a en effet suscité une avalanche de réactions sur Twitter. "Odieux. Bofitude. Bas de gamme. Pitoyable. Les mots me manquent", a par exemple condamné Patrick Chêne, ancien journaliste sportif à France Télévisions.
 

Le dessin dépublié d'urgence


Le journal a dépublié le dessin et présenté ses excuses sur le réseau social, mettant l'incident sur le compte du "manque de vigilance".  "Une telle publication est contraire à l'histoire du journal. Toutes celles et ceux qui nous lisent régulièrement savent que nos titres se battent au quotidien pour l'émancipation féminine et défend des valeurs d'égalité universelle. Nous espérons que le manque de vigilance qui a conduit à cette situation ne se renouvellera pas", a de son côté déploré la société des personnels de l'Humanité dans un communiqué transmis à l'AFP.


Excuses pour le dessinateur, plaidoirie pour le chroniqueur


Le dessinateur Espé, dont c'était la première collaboration avec l'Humanité, a également présenté ses excuses  "Je suis vraiment désolé, désolé, désolé. Le journal a fait ses excuses, le dessin a été dépublié et j'arrête de travailler pour l'Humanité. Mon but n'était absolument pas de blesser, je n'ai pas pensé à mal, c'est juste de la caricature. J'ai voulu évoquer la porosité entre médias et sport et j'ai voulu m'inspirer des dessins de Tex Avery", a-t-il développé. 

"Je me suis planté. Quand un dessin n'est pas compris c'est une erreur, mais je n'aurais pas pensé que ça prenne de telles proportions", a poursuivi le dessinateur de BD.
    
Antoine Vayer, ancien entraîneur de cyclisme et pourfendeur du dopage, qui tenait une chronique quotidienne sur le Tour de France pour l'Huma, a en revanche défendu le dessin sur son compte Twitter, dressant un parallèle avec les caricatures de Charlie Hebdo. Il a depuis multiplié sur son compte les partages et petites phrases antagonisant Marion Rousse. Le dessinateur s'est désolidarisé de cette position. 
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