Léonard de Vinci : ses trois dernières belles années à Amboise

Devant le château du Clos-Lucé, une maquette de l'hélicoptère de Léonard de Vinci (2003). / © ALAIN JOCARD / AFP
Devant le château du Clos-Lucé, une maquette de l'hélicoptère de Léonard de Vinci (2003). / © ALAIN JOCARD / AFP

Au Clos Lucé, Léonard de Vinci a vécu une retraite festive et paisible. 

Par Yacha Hajzler

Léonard de Vinci aura passé les trois dernières années de sa vie à Amboise, à l'invitation de François Ier : une période hyperactive mais pas fondamentale pour l'oeuvre du génie de la Renaissance dont la création fut avant tout italienne.

Nombre d'Italiens ne comprennent d'ailleurs toujours pas que plusieurs de ses chefs d'oeuvre soient au Louvre. "On tient à rester humbles, l'essentiel s'est fait en Italie", clarifie Catherine Simon Marion, déléguée générale du Château du Clos-Lucé, où le peintre et inventeur est mort le 2 mai 1519. 

La Joconde dans la sacoche


C'est à l'automne 1516 que De Vinci accepte la proposition du roi de France de venir s'établir près de chez lui. Il a 64 ans lorsqu'il traverse les Alpes, accompagné de Francesco Melzi, son plus fidèle disciple, emportant dans ses sacoches de cuir la Joconde, le Saint Jean-Baptiste et la Sainte-Anne, ainsi que ses très nombreux carnets, manuscrits et notes.

François Ier et sa mère Louise de Savoie l'accueillent à bras ouverts. "La mère de François avait compris que Léonard serait l'homme qui permettrait
à son fils de rayonner.
Quant au jeune roi, il était fasciné par la diversité de ses savoirs en anatomie, botanique, spiritualité..."
énumère la déléguée du Château. 

Voilà De Vinci "premier peintre, ingénieur et architecte du roi". Il bénéficie d'une pension princière et du château du Cloux, aujourd'hui le Clos-Lucé, à 400 mètres du château d'Amboise où le monarque vit avec sa cour.
 

Léonard à Amboise, une douce retraite


Dans ses trois années à Amboise, "Léonard organise des fêtes pour le roi, fait des travaux d'ingénierie civile, continue à dessiner les animaux et la nature, apporte une dernière touche à sa Sainte-Anne, raconte Catherine Simon Marion. Il restera jusqu'au bout animé par son immense curiosité. C'était un homme en bonne santé, végétarien, qui montait à cheval..."
  
Selon Haylay Edwards Dujardin, historienne de l'art, "Léonard n'est plus alors dans l'acte de la création. Il n'était pas attendu pour cela. Il ne fait plus de commandes. Il ne produit rien pour François Ier. Il n'a plus rien à proposer et il ne veut pas proposer. Il est plongé dans ses recherches."

Une retraite paisible, en somme, avec un mécène qui ne lui demande que sa conversation. 
 

Mythes et mystères


La construction du château de Chambord en elle-même a débuté quelques mois après la mort de Léonard de Vinci, mais la question de savoir s'il s'est penché sur les plans est toujours en suspend. 

"Il avait travaillé pour le roi à la construction des plans d'un château idéal jamais réalisé à Romorantin, et il a rencontré Dominique de Cortone, architecte de Chambord. Léonard avait fait des dessins sur les plans centrés et les escaliers à double ou quadruple révolution. On peut dès lors supposer qu'ils peuvent avoir servi d'inspiration pour Chambord", avance la représentante du Clos-Lucé. 

Selon Hayley Edwards Dujardin, "rien n'est prouvé, [...] les plans centrés étant déjà fréquents en Italie à la même époque".  

Concernant ses trois tableaux emmenés d'Italie, dont La Joconde, le Clos-Lucé estime que Léonard les avait confiés à son modèle et probable amant Gian Giacomo Caprotti. Ce dernier les auraient vendus au roi de France avant même la mort de De Vinci. 

Dernier mythe à faire tomber, celui de la mort de Léonard de Vinci. "François 1er venait le voir presque tous les jours, l'appelait "mon père" [...] Par contre, affirmer que Léonard est mort dans ses bras est une légende, reprise notamment par les romantiques", douche Mme Simon Marion
 
Le corps de Léonard de Vinci repose aujourd'hui dans la chapelle Saint-Hubert du château royal d'Amboise.
 

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