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Il y a 40 ans à Tours, le pont Wilson s'effondrait. Une catastrophe impressionnante qui n'a pourtant pas fait de victimes. Retour sur cet événement. 

Un pont déjà plusieurs fois détruit dans son histoire

Le pont de pierre a connu beaucoup de vicissitude depuis sa construction à la fin du 18ème siècle. La catastrophe de 1978 n’est que le dernier épisode d’une existence bien mouvementée.

Le pont Wilson s'effondre d'heures en heures ce dimanche 9 avril 1978



Construit entre 1764 et 1777, le pont connaît ses premières dégradations pour "vice de forme" un an avant son achèvement. L’arche défaillante est vite reconstruite pour une inauguration l’année suivante.
La spécialité de ce pont est qu’il est construit sur des piles en bois enfoncés dans le sol de la Loire. Les piliers en pierre s’appuient sur ces troncs en bois. La pression de l’eau maintenant l’ensemble. Une technique déjà éprouvée et approuvée par les vénitiens et leur lagune. Tant que le bois est immergé, le bois est imputrescible.

Le grand froid de la Révolution

En 1789, ce n’est pas la Révolution française qui abîme à nouveau le pont, mais un épisode de froid intense. La Loire est gelée de novembre à janvier. Et le 25 janvier, au dégel, le fleuve se transforme en torrent d’eau et de glace. La puissance du courant fait s’écrouler les quatre premières arches de la rive droite. Aucune victime n’est à déplorer non plus à l’époque.
Ce qui pose problème en cette période trouble, c’est bien la reconstruction. Les mouvements post-révolutionnaires et la Terreur amènent les premiers travaux à 1790.
20 ans plus tard, le pont de pierre est à nouveau praticable.

Sabotages de la seconde guerre mondiale

Puis, la deuxième guerre mondiale va y mettre son grain de sable. Le 18 juin 1940, l’armée Française, en pleine débâcle, préfère faire exploser la première arche côté sud. Les conduites d’eau qui alimentaient la ville sont détruites. Une passerelle de fortune est construite deux jours plus tard pour poursuivre les liaisons des deux rives.
Un peu plus de quatre ans après, l’armée Nazi en déroute fait exploser à son tour les 9ème, 10ème et 11ème arches côté nord.
En 1947, le pont est enfin reconstruit.


Et puis, trente et ans après, l’effondrement que l’on connaît fera la une des journaux et marquera à jamais les tourangeaux.

Il y a 40 ans, l'effondrement du Pont Wilson de Tours
Il y a 40 ans à Tours, le pont Wilson s'effondrait. Une catastrophe impressionnante qui n'a pourtant pas fait de victimes. Images d'archives : INA et Archives municipales de Tours  - France 3 Centre-Val de Loire - J. Roché, E. Manier avec le Service Documentation


Un référendum pour reconstruire le pont

Juste après l'accident, le maire de l'époque Jean Royer propose à ses administrés de réaliser un référendum. L'idée est de choisir le projet de reconstruction le plus adéquat.

Micro-trottoir sur le référendum organisé pour la reconstruction du pont Wilson à Tours

Du 4 au 23 décembre 1978, les tourangeaux sont appelés à voter pour quatre modèles.
  1. La reconstruction totale du pont de pierre
  2. La reconstruction de la partie démolie avec une consolidation du tronçon intact
  3. La construction d’un pont en béton
  4. La construction d'un pont métallique

Les tourangeaux choisissent de reconstruire la partie détruite en béton et de consolider la partie existante pour garder la pierre ancienne. Le projet reste le moins coûteux des quatre. Les travaux commencent en 1980 pour s’achever deux ans plus tard. Avant de reconstruire, il a bien fallu démolir ce qu'il restait des arches écroulées. Entre août et novembre 1978, les équipes s’affairent à déblayer les gravats. Le 18 septembre 1982, le nouveau pont Wilson est alors inauguré en grande pompe.

Reconstruction du pont Wilson avant son inauguration le 18 septembre 1982
Les restes du pont sont détruits avant toute reconstruction. Des travaux qui ont duré 4 ans avant.  - INA


Le café c'est sacré!

L'eau est coupée pour près de 110 000 habitants du nord et du centre de Tours. De nombreuses citernes d'eau sont mises à disposition des tourangeaux et des commerçants. Un cafetier à trouvé la solution pour continuer à travailler.
Un cafetier de Tours fier de sa machine toute neuve
Un cafetier de Tours décide d'investir dans une machine toute neuve pour continuer à servir son café malgré la coupure d'eau engendrée par l'effondrement du pont Wilson.  - INA