Patrimoine. La bibliothèque de Tours vaut le détour

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Au bord de la Loire, à l’Est du pont Wilson, on ne peut pas manquer la silhouette de la bibliothèque municipale de Tours avec son toit pyramidal recouvert de feuilles de cuivre.

Tous les passionnés d’architecture, surtout du style international Art Déco, prennent souvent en référence la Bibliothèque de Tours comme l’un des derniers témoins tardif du style.

En effet, cette dernière a été construite entre 1954 et 1957 donc bien après l’apogée de l’Art Déco dans les années 20/30.

Signée de la main d’un grand architecte du style Art Déco Pierre Patout, qui est notamment intervenu sur les décors des paquebots transatlantiques, elle est  emblématique de la reconstruction de Tours après les destructions de la Seconde Guerre Mondiale.

L'architecte, Pierre Patout, a participé en 1925 à l’Exposition International des Arts Décoratifs de Paris et en 1937 à l’exposition internationale des arts et des techniques appliqués à la vie moderne.

Ces deux expositions feront exploser sa notoriété et c’est d’ailleurs pour cela qu’il sera nommé architecte en chef de la reconstruction de la ville de Tours juste après la Seconde Guerre Mondiale.

Ainsi, Il va s’occuper de la reconstruction de la rue Nationale en y adoptant un style moderne.

En 1940 la bibliothèque est bombardée et la ville fera le choix de ne pas la reconstruire à l’identique.

Pierre Patout va donc dessiner aussi la nouvelle bibliothèque de Tours sur une trame orthogonale, c’est-à-dire à angle droit, avec un parement de pierre de Vilhonneur provenant de Charente.  Le bâtiment est organisé avec un corps central puis de part et d’autre il y a deux petites ailes sur lesquelles reposent des toitures terrasses.

La porte d’entrée en bronze donne accès à un hall d’entrée amenant vers un escalier monumental dans lequel on peut y voir le buste en bronze de son auteur Pierre Patout.

En 1957, La bibliothèque municipale de Tours est la plus moderne et la plus grande de France avec plus de 8 000 mètres carrés de surface.  

Elle offre des services novateurs notamment une discothèque qui permet d’écouter des disques dans deux cabines d’audition.

Il y a aussi une salle de l’heure du conte avec un flanellographe, un panneau de 5 mètres de long tendu de flanelle sur lequel des personnages aussi en flanelle sont placés en fonction de leur apparition dans le conte.

Enfin, un auditorium, au dernier étage sous la toiture, permet l’organisation de conférence.

Protégée au titre des Monuments Historiques depuis 1996, des travaux de restauration et de modernisation ont eu lieu en 2012/2013.

La disposition des espaces d’origine n’a que très peu changé si ce n’est qu’elle a désormais toutes les caractéristiques d’une médiathèque.