Tours : diagnostics racinaires en cours pour mesurer l'impact sur les arbres de la deuxième ligne de tram

Des études sont actuellement effectuées le long du tracé de la deuxième ligne de tramway à Tours : un expert naturaliste, docteur en écologie, ausculte le système racinaire des arbres situés à proximité immédiate de la future plateforme. L'objectif est de limiter les abattages lors des travaux
Les racine sont soigneusement dégagées au pied des arbres pour vérifier leur étendue et leur taille
Les racine sont soigneusement dégagées au pied des arbres pour vérifier leur étendue et leur taille © P.Ferret / France3 CVDL

Lorsqu’il a fallu se prononcer sur le tracé de la deuxième ligne de tramway de la métropole tourangelle, le débat s’est en partie focalisé sur le double alignement de platanes du boulevard Béranger : les arbres allaient-ils dépérir suite aux travaux, ou faudrait-il carrément les abattre, comme le redoutaient certains riverains et associations ?

C’est en partie pour répondre à ces questions qu’un imposant chantier est en cours actuellement sur cet axe majeur qui traverse Tours d’Ouest en Est pour déboucher sur la place Jean-Jaurès. C’est un spécialiste qui mène les travaux, Laurent Herquin, expert-conseil en arboriculture ornementale.

« J’ai pour mission d’étudier l’enracinement des platanes qui seraient potentiellement affectés par les terrassements liés au tram, explique-t-il. On effectue des décroûtages ponctuels sur certaines zones de stationnement, dans la suite de ce qui a été fait en 2018, lors de la première étude racinaire. Les futurs emplacements des stations de tram le long du boulevard sont notamment concernés. Nous aurons ainsi une vision élargie qui permettra un diagnostic plus fin. »

Laurent Herquin mesure une grosse racine. En cas de coupe ou même de blessure, le platane ne pourrait sans doute pas survivre
Laurent Herquin mesure une grosse racine. En cas de coupe ou même de blessure, le platane ne pourrait sans doute pas survivre © P. Ferret / France3 CVDL

A l’aide d’un marteau-piqueur, puis d’une aspiratrice-excavatrice afin d’éviter de blesser les racines, le système racinaire est en partie mis à nu afin de pouvoir estimer son importance et son étendue.

« En fonction du type de racines, de leur diamètre et de leur étendue sur les zones qui ont été décaissées, on peut évaluer l’impact sanitaire que des blessures ou coupes pourraient avoir sur un sujet donné, reprend l’écologue. On peut ainsi définir des zones de protection autour des arbres et les remettre au bureau d’études pour qu’il les intègre dans la réflexion sur le passage de la ligne. »

Dans l’absolu, le passage d’une ligne est possible à condition de respecter une certaine distance par rapport au tronc et à l’enracinement que l’on aura pu mettre en évidence

Laurent Herquin, expert-conseil en arboriculture ornementale

Le diagnostic de l'expert devrait être scruté à la loupe, puisque la deuxième ligne de tram, ce projet phare de Tours Métropole Val de Loire prétend s'inscrire "dans une démarche écosystémique forte" : l’un des principes directeurs qui ont guidé les études d’insertion a  justement été la préservation des grands alignements d’arbres qui constituent la structure majeure du paysage. 

Les riverains sont très attachés aux grands alignements de platanes des boulevards Béranger et Heurteloup. Après le passage de l’expert, tout est remis en place, les trous sont soigneusement rebouchés.
Les riverains sont très attachés aux grands alignements de platanes des boulevards Béranger et Heurteloup. Après le passage de l’expert, tout est remis en place, les trous sont soigneusement rebouchés. © P.Ferret

Par ailleurs, le projet s’est fixé pour objectif d’éviter autant que possible de toucher au patrimoine arboré, de replanter au moins autant d’arbres qu’il n’y en aura d’impactés, eet enfin, de valoriser et renforcer ce patrimoine. Entamé à la fin du mois d'août, le travail de Laurent Herquin va se poursuivre sur le terrain encore une quinzaine de jours, sur le boulevard Heurteloup et d'autres portions arborées du tracé (rue d'Entraigues, extrémité du Pont du Lac et de l'avenue Stendhal).  Place, ensuite, à la compilation des données et à l'analyse, pour une restitution du diagnostic vers la fin octobre.

 

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