Tours : le Grand Théâtre-Opéra pourrait être bientôt classé aux monuments historiques

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Écrit par Dominique Pouget
Vue extérieure du Grand théâtre de Tours
Vue extérieure du Grand théâtre de Tours © PHOTO GERARD PROUST

C’est fait ! Le conseil municipal de Tours, a voté à l’unanimité la délibération concernant la demande de classement de l’ensemble du Grand Théâtre, comme monument historique. Un label qui permettrait d’obtenir un financement plus important de l’Etat, pour la rénovation de ce lieu emblématique de la ville.

C'est lors du conseil municipal du 6 décembre que Christophe Dupin, adjoint au maire, chargé de la Culture, a présenté une délibération concernant le classement du Grand Théâtre de Tours. Un équipement culturel cher au cœur des Tourangeaux, qui nécessite une importante rénovation.

"La ville de Tours va demander à la DRAC  (Direction Régionale des Affaires Culturelles), c’est-à-dire à l’Etat, d’examiner le classement de l’ensemble du bâtiment du Grand Théâtre-Opéra de Tours comme monument historique". L’adjoint à la culture précise qu’une étude patrimoniale réalisée par un cabinet d’architecte spécialisé et la DRAC, vu la situation du bâtiment, ont fortement recommandé à la ville de demander ce classement.   

Un peu d’histoire

Un classement qui serait le bienvenu pour ce magnifique théâtre à l’Italienne conçu par l’architecte Jean-Marie Hardion. Inauguré en 1872, sur l’ancien site du couvent des Cordeliers, un incendie ravage tout l’intérieur en 1883. Un intérieur reconstruit de 1886 à 1894. En 1994, le grand Théâtre de Tours est inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques et quatre espaces ont été classés au titre des monuments historiques : le péristyle, l’escalier d’honneur, le foyer du public et la salle de spectacle. Un classement qui permettrait de préserver et de rénover ce bâtiment à l’intérêt historique.

Quels sont les avantages du classement de l’ensemble du Grand Théâtre ?

Christophe Dupin détaille les avantages de ce classement :

"Premièrement, au lieu d’être à 20% d’aide de l’Etat pour les travaux, on passe jusqu’à 50%, ce qui est un financement très important, qui pourrait aussi déclencher une intervention de la région et du département. Ce qui ferait que le financement public pourrait aller jusqu’à 80%. 20% resteraient à la charge de la ville, propriétaire".

Le second avantage est au niveau de l’accompagnement, poursuit l’adjoint chargé de la culture.

"Si le Grand Théâtre est classé monument historique, cette fois il y a un accompagnement de l’Etat et c’est l’architecte des monuments nationaux qui prend en charge le suivi et les procédures pour mener l’ensemble du chantier, ce qui simplifierait la tâche du côté de la ville".

La ville de Tours pourrait aussi se tourner du côté de la Métropole, ajoute Christophe Dupin. "La moitié du public qui vient à l’Opéra n’habite pas Tours et le Grand Théâtre-Opéra de Tours a une dimension métropolitaine. On va voir avec la Métropole s’il y a des possibilités d’intervention, de participation. Il y a 28 opéras en France, à Lille et Toulouse, par exemple, ils ont été en partie transférés aux métropoles".

Un chantier de rénovation estimé entre 20 et 25 millions d’euros

Aujourd’hui ce bâtiment emblématique qui fêtera ses 150 ans en 2022, souffre de vétusté. Il faut consolider le sous-sol, il y a également de l’entretien, de la restauration. "Les statues extérieures sont en mauvais état, particulièrement la statue sommitale, protégée par  des filets, sans parler de la couleur de la peinture. Des travaux de sécurité, de mise aux normes sont à prévoir pour l’accessibilité des personnes handicapées, pour l’aération du bâtiment. L’isolation doit être également revue.»

Il va falloir aussi réaliser des travaux d’adaptation fonctionnelle. Le Grand Théâtre manque d’espaces de répétition pour l’orchestre, pour les chœurs. Un manque qui se fait cruellement sentir vu son rayonnement national aujourd’hui. C’est le seul opéra de la région Centre-Val de Loire et il est conventionné théâtre lyrique d’intérêt national depuis 2020. Il accueille un chœur permanent et c’est aussi le siège de l’orchestre symphonique régional.

Pour redonner toute sa splendeur au Grand Théâtre de Tours et en faire un lieu moderne, plus accessible et ouvert sur la ville, une réflexion est ouverte sur une extension de 1000 m2, sur l’ilot où est construit le théâtre. Cette extension permettrait aux ateliers peinture, décors et costumes de s’agrandir et de réaménager des espaces pour tous les personnels qui interviennent à l’opéra.

Un chantier d’envergure avec plusieurs stratégies

Après la constitution du dossier, le passage devant une commission nationale des monuments historiques, il faudra environ un délai de 18 mois, pour obtenir un classement du ministère de la Culture. Le chantier de rénovation débuterait en 2025. Plusieurs stratégies sont envisagées.

"Soit on fait par petites touches chaque année, sur 10 ans, en laissant ouvert l’opéra mais ce serait assez compliqué de le faire fonctionner pendant qu’il est en travaux. Soit on ferme pendant 3 saisons, on fait tous les travaux d’un bloc et il faut trouver un autre lieu pour l’activité du Grand Théâtre et de l’Opéra. La première hypothèse c’est le palais des congrès Vinci mais on peut aussi penser à délocaliser dans la région, c’est à voir".

Les deux concerts du Nouvel an avec l’orchestre symphonique Région Centre-val de Loire/Tours auront lieu «hors les murs». Ils se tiendront dans la salle de 2000 places du Centre des congrès Vinci. Une carte blanche au chef d’orchestre Jean-Claude Casadesus le 31 décembre à 19h et le 2 janvier à 17h, avec une attention toute particulière pour tester l’acoustique du lieu, s’il devait accueillir les concerts délocalisés pendant la rénovation de l’Opéra de Tours.

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