A Tours, My serious game forme les employés du CAC 40 grâce au jeu vidéo

Au centre, Frédéric Kuntzman, fondateur de My serious game. / © My Serious Game
Au centre, Frédéric Kuntzman, fondateur de My serious game. / © My Serious Game

La start-up My serious game, créée en 2014, propose aux grandes entreprises d'atteindre leur objectifs grâce au jeu. Réalité virtuelle, jeu vidéo, BD interactive... Les options sont nombreuses.

Par Yacha Hajzler

"On est un étudiant en première année de médecine, on doit apprendre le Vidal par coeur, et c'est ça qu'on filtre pour savoir si tu vas être un bon médecin ou pas... Bon, pour nous, non" souffle Frédéric Kuntzman. 

En 2014, il a créé avec une associée, Aurélie Duclos, la société  tourangelle My serious game. Le constat est simple : l'humain ne place plus ses efforts au bon endroit. "La machine va remplacer beaucoup de métiers. Et nous, on continue de former des gens à apprendre par coeur, être noté et agir individuellement. Or, ça, la machine sait le faire. Et bien mieux que nous." 
 

My serious game a renversé la dynamique de domination, en proposant d'aider à développer, grâce à la machine, des capacités humaines qui la dépassent. "Ce qui compte, c'est la créativité, le sens du collectif, savoir résoudre des problèmes..." développe le fondateur.

Son entreprise offre aux grandes firmes de former leurs employés sur un objectif précis grâce à des produits numériques ludiques, qui vont de l'application mobile à la mini-série en passant par la BD interactive. 
 

Travailler plus, ou travailler mieux ? 


"Darty nous pose un problème simple : comment on peut booster les ventes ? illustre Frédéric Kuntzman. Nous, on se dit qu'on est sur un public de vendeurs, qui va aimer la compétition et le challenge. On crée un jeu, inspiré du 1000 bornes et tous les matins, en fonction de ce qu'ils ont vendus, ils ont des cartes d'attaque ou de défense plus ou moins puissantes. Donc par exemple, je peux vous lancer le challenge de vendre en 24h l'ordinateur au fond du rayon que personne n'a vendu depuis trois mois."

Ludique, intelligent, mais cette stratégie ne viserait-elle pas, pour l'entreprise, à pouvoir demander toujours plus à ses salariés sous couvert de divertissement ?

Celui qui a notamment été directeur d'exploitation des cinémas CGR et directeur régional pour Lidl connaît la faille. Mais, pour lui, "l'idée, ce n'est pas de faire du plus, c'est vraiment du mieux. Je vais vous lancer un défi, ça va vous faire rire, et on va se sentir un peu plus dans un collectif. On se sent plus fort." 
 

"Mais si je présente un jeu à mon patron..."


Innovant dans le monde de l'entreprise, My serious game travaille aujourd'hui avec "la moitié du CAC 40" grâce au pas fait par Bouygues, son premier gros client. Avec un prix moyen de 20 000 euros, son coeur de cible est une grosse entreprise, qui forme en même temps 100, 200, 300 employés. Des firmes dont la culture est parfois éloignée de la sienne. 

"Quand il y a une limite, la plupart du temps, c'est parce qu'on a pensé "à la place de". On me dit : "mais si je présente un jeu à mon patron, jamais il ne va vouloir signer ça. J'ai même un groupe qui m'a dit : "avant d'aller rencontrer le PDG, est ce que vous pouvez changer de nom, parce qu'avec game dedans, ça risque de pas lui plaire" glisse Frédéric Kuntzman.
 
 
Il croit pourtant fermement à sa solution, grâce aussi aux retombées. Récemment, pour une formation sur des problématiques de transparence, il s'inspire du carton créé par la série Black Miror, avec un épisode interactif intitulé Bandersnatch. La cinquantaine d'employés de My serious game planche sur une mini-série, courte et interactive. 

"Quand on nous permet de sortir des codes de l'entreprise, on a vraiment des "A quand la suite ?
 

Pour la suite...

L'équipe de My serious game sera présente au salon Learning Technologies les 30 et 31 janvier à Paris et à Londres les 13 et 14 février. 

Consulter leur site et connaître leurs prestations : my-serious-game.com

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